L'ancien président des Jeunes socialistes accusé d'agression sexuelle

Huit femmes accusent d'agressions sexuelles, ce mardi, dans Libération, l'ancien président des Jeunes socialistes Thierry Marchal-Beck.
Thierry Marchal-Beck, ici en 2013, est aujourd'hui délégué général de l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat). xavier de torres/MAXPPP

Elles sont huit à briser le silence dans Libération. Entre 2010 et 2014, Thierry Marchal-Beck, président du Mouvement des jeunes socialistes entre 2011 et 2013, aurait commis sur ces jeunes femmes des agressions sexuelles, parfois en public.

Le scénario est presque toujours le même. Après un flirt et quelques relations sexuelles consenties avec ces militantes, la relation vire au harcèlement. "J'ai dû le masturber pour m'en débarrasser. Il disait: 'Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant', témoigne l'une d'elle. Plaquée contre un mur, une autre concède une fellation "pour ne pas que cela aille plus loin".

Des "suites judiciaires" réclamées par le PS

Refusant de céder à ses avances, une autre jeune femme est accusée d'avoir un "état psychologique instable", et voit sa progression dans l'organisation stoppée net. Dans un bar de Bruxelles, le jeune responsable né en 1985, aurait également agressé sexuellement une militante qu'il ne connaissait pas au préalable. "Il agissait sans se soucier des témoins", assure celle-ci.

Depuis le mois d'octobre, Thierry Marchal-Beck a pris le poste de délégué général de l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat). Il a refusé de répondre aux questions de Libération, mais affirme se tenir à la disposition de la justice. "Dans leur grande majorité, ces faits sont prescrits et n'ont pour l'instant pas fait l'objet d'une plainte, même si deux victimes y réfléchissent", précise le journal.

Mardi soir, le Parti socialiste a réclamé des "suites judiciaires" après ces accusations. Les "témoignages qui accusent un ancien président du MJS d'harcèlements sexuels et d'agressions sexuelles à l'encontre de jeunes femmes, militantes du mouvement de jeunesse, sont d'une extrême gravité. Ils ne sauraient rester sans suites judiciaires adéquates", a indiqué le PS dans un communiqué. Thierry Marchal-Beck n'est plus membre du PS depuis deux ans, a indiqué Solférino.

Un cellule d'écoute au parti socialiste

La secrétaire nationale du PS Rita Maalouf, en charge des droits des femmes, a indiqué qu'elle souhaitait la mise en place d'une cellule d'écoute au sein du parti, et "une formation obligatoire sur ces questions pour les militants, les cadres et les élus", demandant en outre qu'à l'avenir "le harcèlement soit un motif d'exclusion".

De son côté, le MJS a fait savoir qu'il entendait "amplifier" le travail déjà entrepris "pour prévenir et réprimer les comportements sexistes, quels qu'ils soient". "Comportement inqualifiable et inexcusable. Soutien total aux victimes. La justice doit passer. Que de tels faits (...) se soient passés dans une organisation (...) que j'ai présidée en 1995 me révulse au plus haut point", a tweeté le député Régis Juanico.

L'actuel président du MJS, Benjamin Lucas, s'est dit "révulsé", et s'est engagé sur Facebook à "continuer le travail entrepris (depuis) plusieurs semaines" pour "interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences".