Interpellations à Mantes-la-Jolie: cinq plaintes déposées

L'avocat de plusieurs lycéens a indiqué avoir notamment déposé des plaintes contre X pour "actes de torture et de barbarie".
Une centaine de personnes défilent pour dénoncer l'interpellation de 151 jeunes, à Mantes-la-Jolie, le 12 décembre 2018. afp.com/Alain JOCARD

Une semaine après l'interpellation de 151 lycéens à Mantes-la-Jolie, certaines familles ne décolèrent pas. À l'occasion d'une marche de soutien organisée mercredi pour les lycéens, à laquelle ont participé une centaine de personnes, Me Arié Alimi, avocat de plusieurs familles, a indiqué à l'AFP avoir déposé cinq plaintes contre X pour "actes de torture et de barbarie" et "diffusion illégale" de vidéo de personnes entravées. Il a également affirmé à BFM Paris qu'une "vingtaine de familles" lui avait adressé des documents et formulaires concernant leurs enfants, et que les plaintes étaient déposées "au fur et à mesure".

L'avocat, qui a également porté plainte au nom du syndicat lycéen UNL, a par ailleurs demandé au procureur de Versailles de transférer l'affaire à un autre tribunal. "Les autorités de Versailles ne doivent pas à notre sens juger et enquêter sur ces affaires pour éviter que, comme dans [...] d'autres affaires où ce sont les fonctionnaires de police qui sont visés, l'enquête n'avance pas", a-t-il affirmé.

Des élèves toujours choqués

Pour la mère d'un lycéen interpellé à Mantes-la-Jolie jeudi dernier, c'est une "rafle" qu'a subie son fils. Les images des lycéens, à genoux et les mains sur la tête, ont en effet provoqué un tollé dans l'opinion publique. Sur les réseaux sociaux, les images ont même été mises en parallèle avec des photos d'exécutions de guerre.

À l'issue de leur garde à vue, la plupart des jeunes âgés de 12 à 21 ans ont écopé de simples rappels à la loi. Mais certains, comme Camélia, 15 ans, restent choqués. La jeune fille, qui s'est retrouvée dans le mouvement de foule alors qu'elle rentrait chez elle n'est toujours pas retournée au lycée. D'autres encore sont révoltés, persuadés que de telles actions policières n'auraient jamais eu lieu dans des quartiers plus aisés.

Tout en défendant la régularité des interpellations, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, a annoncé la semaine dernière qu'une "procédure" serait lancée pour évaluer l'action des forces de l'ordre et identifier l'auteur de la vidéo controversée.