"Il ne manquait que votre plume dans ce débat": la lettre cinglante de Dupond-Moretti à BHL

L'auteur Bernard-Henri Lévy a donné son avis sur le procès d'Abdelkader Merah, attaquant vertement l'avocat du frère du terroriste, le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti. Ce dernier lui a répondu avec ironie via une lettre qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux.
AFP

"Il est presque doux de recevoir des leçons de morale de celui qui, dans tous les domaines, se veut, depuis de trop longues années l'arbitre des élégances." L'avocat Eric Dupond-Moretti n'est pas du genre à se laisser marcher sur la robe.

Alors, quand le philosophe et essayiste Bernard-Henri Lévy l'a chargé, le 13 novembre, dans une violente tribune publiée sur son site, le ténor du barreau n'a pas manqué de répondre à l'intéressé. Avec une plume aussi caustique que pleine d'ironie, il a écrit une lettre qui a rencontré un franc succès sur les réseaux sociaux.

"Il ne manquait que votre plume dans ce débat... et c'est paradoxal, vous avez, avec votre modestie naturelle, comblé ce vide abyssal", s'amuse Dupond-Moretti en guise d'ouverture.

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Magritte, "pompe à merde" et "regard condescendant"

Reprochant à Eric Dupond-Moretti son rôle de défenseur des droits d'Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, "BHL" a jugé qu'il y avait du "pathétique" dans ce qu'il juge être une "attitude victimaire et narcissique". 

Ce à quoi l'avocat répond que ses "effets d'épitoge" ne valent sans doute pas les "'effets chemise Charvet' toujours ouvertes et toujours parfaitement blanches mêmes sous les bombes des théâtres des opérations" où BHL "joue son rôle". Il rappelle également que l'écrivain ne l'aurait pas salué la dernière fois qu'ils se sont croisés, lui "jetant" simplement "le regard condescendant d'un chauffeur de Rolls en gants blancs". Aïe. 

Sans rentrer dans les détails de l'affaire, qui sera rejugée en appel prochainement, "EDM" conclut par un double tacle. Il conseille dans un premier temps à BHL de relire "les œuvres de Botul qui a beaucoup écrit sur le rôle d'avocat". Jean-Baptiste Botul étant un personnage... imaginaire inventé par un journaliste du Canard Enchaîné, que Bernard-Henri Lévy a tout de même cité dans un ouvrage sans vérifier

Et de finir sur une anecdote qui ne laisse que peu de place à l'imagination: "Le 3 mai 1936, MAGRITTE a écrit au critique DUPIERROUX qu'il n'était qu'une 'vieille pompe à merde', je n'ai, hélas, ni le talent, ni l'audace de MAGRITTE". Le message en tout cas, est passé comme une lettre à la poste.

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