Homophobie : le nombre d'agressions physiques en forte augmentation

Ce 14 mai, SOS Homophobie publie son rapport annuel sur la LGBTphobie. L'association déplore une "année noire".
 Homophobie : le nombre d'agressions physiques en forte augmentation
Ce 14 mai, SOS Homophobie publie son rapport annuel sur la LGBTphobie. L'association déplore une "année noire". BFMTV

Une "année noire". En 2018, les agressions physiques envers les personnes LGBT ont atteint un triste record, avec 231 faits signalés. Lors du dernier trimestre, chaque jour une agression physique était signalée. C'est un bond de 66% des agressions par rapport à 2017. C'est l'alarmant constat de SOS Homophobie publié mardi 14 mai dans son rapport annuel.

Les chiffres de 2018 semblent se rapprocher de ceux de 2012, "lors du début des débats sur l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe", expliquent Joël Deumier et Véronique Godet, co-présidents de SOS Homophobie, dans des propos rapportés au Figaro. Cette année-là, 188 cas avaient été recensés.

En tout, l'association a recueilli "1905 témoignages d'actes LGBTphobes". Les données sont collectées via la ligne d'écoute, le chat ou le formulaire en ligne de SOS Homophobie. Les individus sont le plus souvent victimes de manifestations de rejet (62%) et d'insultes (51%). Les discriminations (38%), le harcèlement (20%), les menaces (17%) et la diffamation (17%) et les agressions physiques (13%) sont également les faits les plus rapportés.

Une agression par jour

Les hommes, représentent 66% des témoignages. Ils sont "plus enclins à s'exprimer et à se tourner vers SOS Homophobie pour dénoncer ce qu'ils ont subi" tandis que les femmes (21%) et les personnes trans (5%) ont "tendance à s'autocensurer ou à se tourner vers d'autres associations", détaille le rapport. Pourtant, l'association enregistre une hausse de 42% des signalements de violences contre les lesbiennes. C'est le résultat d'une "prise de parole" des victimes plus que d'une "augmentation de la lesbophobie", assure SOS Homophobie."Les témoignages de lesbiennes s’inscrivent assurément dans une vague revendicative", dans la foulée des mouvements #MeToo et #Balancetonporc estime l'organisme.

Comme chaque année depuis 2010, Internet reste "le premier lieu d'expression des LGBTphobies", déplore l'association. Facebook et Twitter agissent comme "une caisse de résonance" de l'homophobie au quotidien. Ce sont les deux premiers réseaux sociaux d'où surviennent plus d'un signalement sur deux (54%) observe SOS Homophobie.

Lyes Alouane, délégué Ile-de-France de l'association Stop Homophobie a été victime d'un guet-apens, après une mauvaise rencontre sur Internet. Comme il le raconte dans la vidéo ci-dessous, il se rendra compte trop tard qu'il est tombé dans un piège. "C'était pas lui, c'était un autre (...) il m'a dit 'tu viens voir qui, mon ami ?' Je lui ait dit non, non, c'est pas moi et je me suis mis à courir pour me sauver. Il a couru après moi avec une bombe lacrymogène, il m'a aspergé" raconte-t-il notamment. Toutes les formes de discrimination peuvent amplifier le mal-être des personnes LGBT, qui par ailleurs est relaté dans 6% des cas signalés. 

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