Gilets Jaunes : les conditions d'utilisation du flash-ball rappelées aux forces de l'ordre

Dans un document révélé par France 3, Eric Morvan, directeur général de la police nationale, demande aux policiers "de veiller rigoureusement au respect des conditions opérationnelles" du flash-ball.

Gilets Jaunes : Le directeur de la police nationale rappelle les conditions d'utilisation du flash-ball
Dans un document révélé par France 3, Eric Morvan, directeur général de la police nationale, demande aux policiers "de veiller rigoureusement au respect des conditions opérationnelles" du flash-ball. RMC Story

Les manifestations des Gilets Jaunes et l'utilisation par les forces de l'ordre de flash-balls soulèvent de nombreuses questions. La police est-elle trop violente ? L'utilisation des lanceurs de balles de défense est-elle justifiée et proportionnée ? Le débat fait rage.

Mardi 15 janvier au soir, dans une vidéo confuse publiée sur Facebook, la polémique est relancée. On y entend un homme demander à un policier "Votre collègue me dit que vous avez le droit de tirer dans la tête", ce à quoi il répond sans hésiter : "Avec le Flashball ? Bien sûr !". Le policier semble convaincu qu'une telle pratique serait possible et acceptée par la loi.

Le directeur général de la police nationale apporte des précisions

Mais qu'en pensent ses supérieurs ? Pour Éric Morvan, directeur général de la police nationale, il préfère que ses troupes ne tirent pas avec les flash-balls dans le visage des manifestants. Dans un message de clarification à destination de la police intercepté par France 3, le préfet rappelle les conditions d'utilisation de l'arme qui fait polémique et qui, rappelons-le, a blessé gravement de nombreuses personnes.

Le lanceur de balles de défense de calibre 40 mm (LBD 40) "peut être employé lors d'un attroupement [...] en cas de violences [...], à l'encontre des forces de l'ordre" ou "si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent", précise Éric Morvan. "Ces circonstances correspondent aux émeutes urbaines auxquelles les policiers sont actuellement confrontés", écrit-il. L'utilisation des flash-balls lors des manifestations des Gilets Jaunes ne semble donc en rien problématique pour le patron de la police. Mais ils ne doivent pas non-plus être utilisés n'importe comment.

"Le torse et les membres" pour Éric Morvan

Si Éric Morvan autorise l'utilisation des lanceurs de balles de défense, il pose tout de même un certain nombre de conditions pour y avoir recours. "Les intervalles de distance [...] doivent être respectés, [...] le tireur ne doit viser exclusivement que le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs", précise le patron de la police nationale.

Mais ce n'est pas tout. Il demande également de s'assurer que les dommages causés par les lanceurs de balles de défense ne sont pas trop importants. Éric Morvan précise en effet que : "Après un tir et en cas d'interpellation, dès que l'environnement opérationnel le permet, il convient de s'assurer de l'état de santé de la personne et de la faire prendre en charge médicalement si son état de santé le justifie."

Cette indication vise à atténuer et contrôler les critiques autour des violences policières lors des manifestations des Gilets Jaunes. Eric Morvan "demande" effectivement  le"respect très strict des dispositions contenues dans ce message et de donner des instructions impératives afin qu'elles soient rappelées lors des briefings opérationnels précédant chaque opération de maintien de l'ordre".

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