Forces de l’ordre : une "situation critique"

Un rapport sur "les missions et les moyens des forces de sécurité", révélé mardi 9 juillet 2019 par Le Figaro et l’AFP, dénonce une situation "dégradée" dans le quotidien des gendarmes et policiers français.

Forces de l'ordre : une "situation critique"
Un rapport sur "les missions et les moyens des forces de sécurité", révélé mardi 9 juillet 2019 par Le Figaro et l’AFP, dénonce une situation "dégradée" dans le quotidien des gendarmes et policiers français. RMC

Constituée en plein mouvement des gilets jaunes, début février, une commission de l’Assemblée nationale a enquêté pendant plus de 5 mois, entre immersion et auditions, sur les conditions de travail des forces de l’ordre. Le constat, sans équivoque, est cependant loin d’être surprenant. Les deux députés auteurs du rapport dévoilé ce mardi par Le Figaro et l’AFP, Christophe Naegelen (UDI-Agir) et Jean-Michel Fauvergue (LaREM), ont en effet précisé en préambule du document que la situation ainsi dégradée du quotidien des policiers et gendarmes français a été "maintes fois analysée et dénoncée".

Apportant leur pierre à l’édifice, donc, les rapporteurs de l’Assemblée nationale pointent notamment du doigt des locaux "indignes" après avoir consulté pas moins de 13 735 membres des forces de l’ordre. "Nombreux parmi les femmes et les hommes qui servent dans la police ou la gendarmerie travaillent dans des conditions déplorables, générées notamment par la vétusté des bâtiments", indique ainsi le document. 

Une "frustration" grandissante

En outre, 60% des gendarmes se sont dits insatisfaits de l’état de leur logement, alors qu’une étude datant de 2017 vient appuyer ce constat. Citée dans le rapport, elle compte en effet 22% d’immeubles vétustes au sein de la direction générale de la police nationale, 28% en ce qui concerne la préfecture de police, et 80% de casernes domaniales de la gendarmerie vieilles de plus de 50 ans. 

De quoi faire régner "un sentiment d’abandon" selon les auteurs, qui listent par ailleurs plusieurs autres facteurs dégradants dans les conditions de travail. Un parc automobile "vieillissant" (l'âge moyen des véhicules étant passé de 5,5 à 7,4 ans entre 2012 et 2018), une "accumulation exponentielle du nombre d’heures supplémentaires" (164 heures par agent, qui représentent un total de 272,1 millions d’euros selon un rapport sénatorial datant de juillet 2018), des "tâches indues" (comme la gestion des procurations électorales), et "l’alourdissement de la charge procédurale" (la rédaction d'une procédure prendrait 28 heures en moyenne). Soit une "multiplication de tâches administratives toujours plus chronophages et complexes", qui accentue la "frustration" des forces de l’ordre souligne ainsi le rapport.

Erreur lors du chargement du média :
Source introuvable