Fillon: le parquet requiert un renvoi en correctionnelle

François Fillon est soupçonné d'avoir attribué à son épouse Penelope un emploi fictif d'assistante parlementaire.
François et Penelope Fillon (photo d'illustration). REUTERS/Pascal Rossignol

La perspective d'un procès se rapproche pour le couple Fillon. Le parquet national financier a requis, le 9 janvier, le renvoi en correctionnelle de François et Penelope Fillon dans l'affaire du Penelopegate, ont appris plusieurs médias, notamment Le Monde et BFMTV. L'ancien Premier ministre est soupçonné d'avoir attribué à son épouse un emploi fictif d'assistante parlementaire quand il était député de la Sarthe, entre 1998 et 2002, puis entre 2012 et 2013.

Il revient désormais au juge d'instruction de décider de renvoyer, ou non, François Fillon et son épouse sur le banc des prévenus. Si le magistrat suivait ces réquisitions, un procès ne pourrait toutefois pas se tenir avant plusieurs mois en raison des délais inhérents au calendrier judiciaire.

"Pas d'éléments tangibles" sur l'activité de Pénélope Fillon

François Fillon est mis en examen notamment pour "détournements de fonds publics" et "complicité et recel de détournements de fonds publics" dans ce dossier. Son épouse est, elle, mise en examen pour "complicité et recel de détournement de fonds publics". Cette affaire, révélée par Le Canard enchaîné en pleine campagne présidentielle de 2017, a contribué à ruiner les chances de François Fillon d'accéder à l'Élysée.

Dans son réquisitoire, le PNF rappelle que Penelope Fillon a également bénéficié d'un contrat de collaboratrice parlementaire auprès de Marc Joulaud, suppléant de François Fillon lorsque celui-ci était ministre, de 2002 à 2007. "Aucun élément tangible ne permet de confirmer la réalité de l'activité de Penelope Fillon auprès de François Fillon et de Marc Joulaud", observe le parquet.

"Ce n'est pas une surprise, c'est la suite sans surprise de la procédure", a réagi un membre de l'entourage de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. "Je ne souhaite pas réagir sur un document dont je n'ai pas encore eu connaissance à cette heure", a de son côté indiqué Me Antonin Lévy, avocat de François Fillon.