Homme empalé à Paris: le père de la victime réagit

Le parquet de Paris, l'IGPN et l'AP-HP s'interrogent sur la provenance d'images de la mort violente d'un homme.
L'IGPN devra faire la lumière sur la provenance d'une vidéo de ce drame (photo d'illustration). afp.com/STEPHANE DE SAKUTIN

Comment des vidéos de ce drame d'une extrême violence ont-elles pu être diffusées sur les réseaux sociaux, jusqu'à en devenir virales ? Depuis fin septembre, deux vidéos, l'une montrant un homme qui tombe d'un immeuble et s'empale sur un poteau d'un trottoir de la rue de la Jonquière, dans le 17e arrondissement de Paris, puis une autre, prise sur son lit d'hôpital, sont largement partagées sur Internet.

Cette dernière est particulièrement révoltante : le patient, qui a succombé un peu plus tard à ses blessures, est filmé alors qu'il est allongé, nu et inanimé, un appareil de massage cardiaque sur le corps, entouré de trois soignants et d'un sapeur-pompier. Pour tenter d'identifier leur provenance et les personnes ayant contribué à leur diffusion, qui dérogent à toutes les règles du respect de l'intimité de l'individu et du patient, deux enquêtes ont été lancées.

Selon Le Parisien et Libération, la mère de cette victime, un homme suicidaire de 26 ans, qui a sauté du 6e étage de son immeuble, a déposé plainte.

"La diffusion de ces images, particulièrement violentes et choquantes, constitue une atteinte caractérisée à la dignité de la victime, depuis décédée", a également réagi Tewfik Bouzenoune, l'avocat du père de cet homme. "Il est aujourd'hui souhaitable que les responsabilités pénales de ceux qui ont fabriqué, transporté et diffusé ces images violentes (au sein de la Préfecture de police de Paris comme au sein de l'hôpital ou sur les réseaux sociaux) soient établies".

L'avocat de la victime a appelé à ce que chacun prenne "ses responsabilités dans la diffusion et la description de ces images, y compris certains médias". "Le respect dû la dignité de la victime et à la douleur de ses proches doit aujourd'hui primer sur le sensationnalisme ou le voyeurisme le plus abject", a-t-il ajouté.

Le logo de la préfecture de Paris

Une enquête judiciaire, menée par l'IGPN (inspection générale de la police nationale) tout d'abord, doit déterminer comment la vidéo de la chute de cet homme, captée par des caméras de vidéosurveillance, a été diffusée, a annoncé mardi Libération.

Une source judiciaire a confirmé à l'AFP que le parquet de Paris avait confié le 3 octobre à l'IGPN une enquête pour "violation du secret professionnel". Ces images proviennent d'un téléphone portable, qui filme l'écran d'un ordinateur diffusant les images prises par ces caméras. La vidéo est accompagnée de commentaires. "Il s'est pris le poteau?" demande une première voix masculine. "Ouais, il est empalé sur le poteau", lui répond un deuxième homme. "C'est pas un montage, hein?" relance une femme.

Libération a pu se faire confirmer la véracité des faits par des témoins du drame, qui aurait eu lieu le soir du 27 septembre. Le journal souligne que le logo de la préfecture de police (PP) apparaît à gauche de l'écran. "L'IGPN a été saisie sur les images de vidéosurveillance", a réagi la PP, le lendemain.

Une enquête de l'AP-HP

Une seconde instruction est en cours, visant cette fois la seconde vidéo, prise dans un service de soins. Il s'agirait selon Libération et RTL, de l'hôpital Beaujon, à Clichy. Mardi, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a confirmé auprès de l'AFP que cette "vidéo a été tournée dans un de ses hôpitaux où le patient a été amené par les pompiers", sans détailler la localisation précise.

Les images sont accompagnées des commentaires de l'homme qui les filme. "Oh misère! Oh la vache! Oh putain! Ah ! Mais quelle horreur ! Quelle horreur", glousse-t-il, avant d'ajouter en ricanant : "C'est bon, il est sauvé, du coup !"

L'AP-HP précise qu'"une enquête administrative interne va également être diligentée", afin, notamment, de "lever les doutes sur une éventuelle implication de (ses) agents".

Concernant le pompier, qui apparaît sur les images muni du poteau retiré du corps du patient, il se trouve sous le ressort de la préfecture de police de Paris, comme tous les pompiers de Paris. C'est donc à l'IGPN d'enquêter sur son implication. Depuis le 27 septembre, d'autres images, photos et vidéos, prises par des témoins de la scène, ont aussi été diffusées sur internet.