EN VIDEO - Des geôles syriennes à la tuerie du Musée juif de Bruxelles, quel est le parcours de Mehdi Nemmouche?

Nicolas Hénin a notamment raconté avoir été "maltraité" par Nemmouche, désigné comme "Abou Omar le cogneur", lorsqu'il était retenu par le groupe État islamique.

Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie du Musée juif à Bruxelles, soupçonné d'avoir été un des geôliers des quatre journalistes français otages en Syrie en 2013-2014, a été mis en examen mercredi à Paris. Transféré de Belgique dans la matinée, Mehdi Nemmouche a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste", a déclaré son avocat Francis Vuillemin, précisant que le jihadiste ne s'était pas exprimé. 

Le 24 mai 2014, un homme avait ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif de Bruxelles, tuant deux touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge. L'auteur présumé, Mehdi Nemmouche, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, avait été arrêté six jours plus tard à la gare routière de Marseille. 

"Abou Omar le cogneur"

Quelques jours après son arrestation, Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin, enlevés en Syrie en juin 2013 et libérés dix mois plus tard, avaient été interrogés par les services de renseignement français et l'avaient identifié comme l'un de leurs geôliers. Nicolas Hénin a raconté avoir été "maltraité" par Nemmouche, désigné comme "Abou Omar le cogneur", lorsqu'il était retenu notamment à l'hôpital ophtalmologique d'Alep, transformé en prison par le groupe État islamique (EI). "Quand il ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines", avait relaté l'ex-otage.

"Il était extrêmement violent avec les prisonniers syriens. Il était malgré tout obligé de se comporter de manière plus maîtrisée avec les otages occidentaux", avait souligné de son côté Didier François, mettant en avant chez Nemmouche "une espèce d'obsession antisémite, une obsession à vouloir imiter ou dépasser (Mohamed) Merah", auteur des tueries de Toulouse et de Montauban en 2012.