Des poulets brûlés vifs au nom de l'art: les réseaux sociaux s'enflamment

Le chroniqueur Aymeric Caron a dénoncé sur Twitter ce qu'il voit comme de la "torture animale". Le Musée d'Art Contemporain de Lyon a dû publier un communiqué qui explique la démarche de l'artiste. 
Capture d'écran Twitter

Une courte vidéo diffusée samedi sur Twitter a mis le feu aux poudres. On y voit cinq poulets, attachés par les pattes à un mur de pierre. Des flammes dévorent leurs petits corps tandis qu'en fond sonore, les gallinacées semblent piailler d'effroi. 

Cette séquence-choc, intitulée Printemps et tournée par l'artiste franco-algérien Adel Abdessemed, connu pour son goût de la provocation, est visible depuis le 9 mars au Musée d'Art Contemporain de Lyon dans le cadre de l'exposition qui lui est consacrée.

Dès le lendemain de l'inauguration, un visiteur a tenu à faire part sur Twitter de son indignation, demandant aux différentes associations de protection animale de réagir. A sa suite, de nombreux amoureux des animaux, le chroniqueur Aymeric Caron en tête, sont montés au créneau pour dénoncer ce qu'ils voient comme de la maltraitance. La fondation Brigitte Bardot a également demandé au musée un "éclairage sur cette 'œuvre'".

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Une "allégorie de toutes les violences"

D'abord par tweets interposés puis dans un communiqué, le musée s'est défendu, expliquant que les poulets à l'image n'avaient pas réellement été brûlés mais qu'un produit avait été utilisé pour reproduire les flammes "comme dans les trucages au cinéma". Le texte explique également, photos à l'appui, qu'Adel Abdessemed a déjà utilisé ce produit sur lui-même pour une précédente œuvre, intitulée Je suis innocent. 

"Les poulets de Printemps n'ont été soumis à cet effet de flammes que pendant 3 secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l'artiste pour éviter toute souffrance", ajoute l'établissement. 

Par ailleurs, le musée précise que l'œuvre est "montrée dans une salle à part de l'exposition et signalée par un avertissement. Elle peut donc être évitée par toute personne qui ne souhaite pas la voir." 

Selon le MAC, Printemps est "une allégorie de toutes les violences. Notamment celles qui sont infligées aux animaux, ce qu'il ne cesse de dénoncer dans de nombreuses œuvres et dans ses interviews". Comme le note Le Monde, Adel Abdessemed avait déjà fait polémique en 2009 avec une vidéo qui montrait des animaux tués, pour de vrai cette fois, à coups de masse dans une ferme mexicaine.