Catherine Millet ressent de la "compassion pour les frotteurs" du métro

L’écrivaine et cosignataire de la tribune sur la "liberté d’importuner" a de nouveau affirmé sa position jeudi soir sur Quotidien et vendredi matin sur France Inter.

Joel Saget - AFP

Elle n’en démord pas. Malgré la vague d’indignation suscitée par la tribune controversée parue dans Le Monde mardi et signée par une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, Catherine Millet, l’une des cosignataires, a tenu à expliquer son point de vue controversé sur le harcèlement sexuel.

Ainsi, jeudi soir sur le plateau de l’émission Quotidien, l’auteur de La vie sexuelle de Catherine M. a estimé que les "féministes de 2018 (…) exagèrent ce qu'elles appellent le harcèlement sexuel".

Selon elle, "si c'est quelqu'un qui vous réveille toutes les nuits, oui, vous pouvez déposer plainte, ça oui, c'est du harcèlement, on peut en avoir marre. Mais le type qui a un mot grossier quand on le croise dans la rue, qui essaie de vous peloter (...), les frotteurs du métro: ce n'est pas du harcèlement".

Catherine Millet ne s’arrête pas là et affirme, face à un Yann Barthès consterné: "J'ai une certaine compassion pour ces hommes-là, les frotteurs, ils doivent avoir une misère sexuelle, quelqu'un qui est réduit à ça pour avoir une excitation sexuelle, ce n'est pas marrant".

Les propos controversés de l’écrivaine n’ont pas échappé aux internautes ni à Marlène Schiappa, la secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Elle a rapidement précisé que se frotter n’est pas du harcèlement mais une agression sexuelle. Mais a également critiqué le point de vue de Catherine Millet en estimant que "le corps des femmes n’est pas un bien public ou un réceptacle à misère sexuelle".

Récidive sur France Inter

La cosignataire de la tribune du Monde s’est une nouvelle fois exprimée vendredi matin mais à la radio cette fois. Des déclarations toujours sans concession.

Interrogée par Ali Baddou, Catherine Millet a fait une comparaison hasardeuse. "Le type qui fume un gros cigare à côté de moi peut m'importuner autant que celui qui met sa main sur mon genou". Le journaliste de France Inter tente de lui faire comprendre qu’il n’y a aucune raison de comparer les deux situations. "Vous comparez les deux?", demande Ali Baddou. "Oui, disons que ce n'est pas plus grave", a-t-elle estimé.

Mais Catherine Millet ne s’est pas arrêtée là et a persisté sur sa déclaration de la veille dans Quotidien en expliquant que "malheureusement" elle est "trop âgée" pour être agressée sexuellement dans le métro. Des paroles très étonnantes et pourtant bien en deçà de celles prononcées en décembre dernier sur France Culture: "Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s'en sort."