Besançon : un anesthésiste suspecté d'empoisonnements en garde à vue

Déjà mis en examen pour sept empoisonnements en 2017, dont deux mortels, Frédéric Péchier, ancien médecin-anesthésiste de Besançon, est entendu pour "une cinquantaine" d’autres cas. Il clame son innoncence.

Besançon : un anesthésiste, suspecté d'empoisonnements, en garde à vue
Déjà mis en examen pour sept empoisonnements en 2017, dont deux mortels, Frédéric Péchier, ancien médecin-anesthésiste de Besançon, est entendu pour "une cinquantaine" d’autres cas. BFMTV

En 2017, l'affaire avait déjà fait grand bruit. Frédéric Péchier, médecin-anesthésiste à Besançon (Doubs) avait été mis en examen pour sept empoisonnements de patients, dont deux étaient décédés. Mais selon les dernières révélations, le nombre de ses victimes présumées seraient plus important. Une enquête a été ouverte sur "une cinquantaine" d'autres cas. Il a été placé en garde à vue ce mardi 14 mai dans les locaux de la police judiciaire de Besançon.

Cette garde à vue s’inscrit dans le cadre d’une enquête préliminaire conduite depuis plus de deux ans sur de nouveaux "faits d’empoisonnements potentiels", a précisé une source proche du dossier au Figaro. Cette enquête est distincte de l'information judiciaire dans laquelle le docteur avait été mis en examen en mai 2017 pour les sept premiers cas suspects de patients. Ces derniers avaient fait des arrêts cardiaques, deux étant décédés et cinq ayant pu être ranimés, entre 2008 et 2017. Dans cette enquête, la première procédure avait établi que les patients avaient reçu des doses létales de potassium et d'anesthésiques administrées volontairement.

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Le médecin qui clame son innocence, avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire après sa mise en examen, avec interdiction d'exercer son métier d'anesthésiste. Il était donc en liberté lorsqu'il a été placé en garde à vue, pour une durée initiale de 24 heures, qui a été prolongée pour la même durée ce mercredi matin par le parquet.

Cette nouvelle enquête porte donc sur "une cinquantaine d'événements indésirables graves signalés". Selon la Haute autorité de santé, un événement indésirable grave est un événement inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie du patient dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou encore la survenue probable d'un déficit fonctionnel. Le fait que l'anesthésiste ait exercé dans les deux établissements où les incidents opératoires s'étaient produits et qu'il ait parfois posé le bon diagnostic pour ranimer ces malades en arrêt cardiaque le désignait comme principal suspect pour les enquêteurs.

Ces derniers le soupçonnent d’avoir sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de créer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur.

L'un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, a indiqué sur LCI que son client "collabore à la procédure d'enquête préliminaire".  "Il est toujours sur la même ligne de défense qui consiste à dire qu'il n'a jamais été impliqué de près ou de loin dans un empoisonnement", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avocat ajoute que l'on est "très en-dessous d'une cinquantaine de cas" suspects.