Attaque "terroriste" sur les Champs-Elysées: un policier tué, deux blessés, l'assaillant "abattu"

Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d'une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris. L'auteur a été abattu. 

THOMAS SAMSON / AFP

A trois jours d'une élection présidentielle française placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d'une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l'auteur a été abattu.

La justice antiterroriste s'est aussitôt saisi de l'enquête. Le président François Hollande s'est dit "convaincu de la piste terroriste". L'Etat Islamique a revendiqué dans la soirée l'attaque via son organe de propagande.

CE QUE L'ON SAIT

D'après des témoignages concordants, des tirs ont eu lieu sur les Champs-Elysées, au niveau du 102 de l'avenue, près du métro Franklin-Roosevelt, vers 21 heures. Selon le ministère de l'Intérieur, un homme seul est sorti d'une voiture près d'un car de police et a alors fait feu. En prenant la fuite, il a réussi à toucher grièvement deux autres fonctionnaires. Ce sont finalement deux autres agents qui l'ont abattu.

Aussitôt, un important dispositif de police a été mis en place ainsi qu'un périmètre de sécurité autour de l'avenue. Les magasins ont fermé le rideau et des badauds ont été confinés dans l'enceinte de certains magasins. La préfecture de police conseille d'éviter les lieux cette nuit. La station George-V, Franklin Roosevelt et Champs-Elysees-Clemenceau ont été fermées aux usagers par mesure de sécurité et un hélicoptère survole la zone.

Daech revendique cette attaque contre les policiers

D'après les premières constatations, l'homme a ouvert le feu avec une arme "a priori automatique", a indiqué Pierre-Henri Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Les policiers ont été délibérément pris pour cible", a précisé le porte-parole de la place Beauvau au micro de BFMTV. 

La section anti-terroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête sur cette fusillade mortelle et a saisi la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) d'une enquête en flagrance. Après avoir été rejoint par le premier ministre Bernard Cazeneuve à l'Elysée, François Hollande s'est exprimé vers 23h20: "Nous sommes convaincus" que la piste est d'ordre terroriste" a-t-il expliqué. Un hommage national sera par ailleurs rendu au policier abattu. Le chef de l'Etat a convoqué un conseil de défense, vendredi à 8h.

LE PROFIL DU TUEUR PRÉSUMÉ

Jeudi soir, l'Etat Islamique a revendiqué l'attaque via ses réseaux de propagande. L'assaillant présumé à l'origine de la fusillade qui a coûté la vie à un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers. 

Une perquisition était en cours jeudi dans la nuit, en Seine-et-Marne au domicile de cet homme. Il s'agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque. 

A trois jours de l'élection présidentielle

Cette fusillade intervient à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. Ce scrutin, très indécis, est placé sous très haute surveillance et se tiendra pour la première fois dans l'histoire de la Ve République sous le régime de l'état d'urgence, instauré en France dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, les plus meurtriers jamais commis dans le pays avec 130 morts.

La menace jihadiste reste très forte: après une série d'attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué, selon les autorités avec l'arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer "une action violente" et "imminente". Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d'armes et de trois kilos d'explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l'emploi.

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