Qui est Nordahl Lelandais, qui vient d'avouer avoir tué la petite Maëlys?

À l'issue de six mois de mystère, Nordahl Lelandais, ex-militaire de 34 ans et principal suspect depuis la disparition de la fillette, a avoué avoir tué Maëlys, "involontairement" selon lui. L'occasion de se pencher de nouveau sur la personnalité complexe de ce natif de Boulogne-Billancourt, amoureux des chiens, de la boxe et des grosses cylindrées. 
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Nordahl Lelandais a finalement livré sa vérité. À l'issue mercredi d'une nouvelle entrevue avec les juges d'instruction en charge du dossier, le principal suspect dans le dossier de la disparition de la petite Maëlys a avoué qu'il avait tué la fillette - "involontairement" précise-t-il - et dissimulé son corps lors d'un mariage en août à Pont-de-Beauvoisin (Isère). Le crâne et des ossements de la fillette ont pu, grâce à ses indications, être retrouvés en contrebas de la maison qu'occupaient les Lelandais à Domessin (Savoie). 

Les enquêteurs s'interrogent sur son éventuelle implication dans la mort, dans la nuit du 11 au 12 avril d'Arthur Noyer, 24 ans, caporal du 13e BCA de Chambéry. Son profil trouble a également suscité l'espoir chez familles et enquêteurs d'élucider une quinzaine de disparitions mystérieuses dans la région. 

Réformé pour "comportement psychologique instable"

Nordahl Lelandais est né à Boulogne-Billancourt, en région parisienne, mais a passé la majorité de sa vie à Domessin, un village de Savoie jouxtant Pont-de-Beauvoisin et situé à quelques minutes de la salle polyvalente où Maëlys a disparu. Celui qu'on surnomme "Nono" vivait toujours chez ses parents à l'âge de 34 ans, en compagnie de ses deux bergers malinois, Tyron et Câline. 

Engagé à sa majorité, il avait exercé la fonction de maître-chien dans l'armée de terre au début des années 2000. Passionné par les canidés, il avait, d'après Le Monde, tenté à l'époque de créer une entreprise de dressage canin. Sans succès. Quelques années plus tard, Nordahl Lelandais sera réformé de l'armée pour son "comportement psychologique instable" et ses problèmes de drogue. 

Vivant dernièrement de petits boulots en intérim, Nordahl Lelandais était au moment du meurtre de Maëlys en arrêt maladie depuis plusieurs mois, pour une hernie discale. 

La piste d'une bisexualité refoulée

Du côté de sa vie sentimentale, plusieurs jeunes femmes qui ont eu une histoire avec l'ancien militaire ont décrit aux enquêteurs un personnage "manipulateur", "menteur" et même "violent". Elles racontent toutes la même chose: Nordahl les traquait, les harcelait, les suivait en voiture pour tenter de les percuter", rapporte Le Dauphiné libéré. 

Les enquêteurs souhaitent désormais se pencher sur la piste d'une possible bisexualité de Nordahl Lelandais. Selon Le Monde, les gendarmes auraient rencontré un certain Richard K., qui se décrit comme le "plan cul" régulier du meurtrier de Maëlys. Cette sexualité ambivalente pourrait expliquer le meurtre d'Arthur Noyer. 

Dans un article du Monde, la petite amie actuelle de Nordahl Lelandais émet l'hypothèse que le jeune homme aurait subi des"attouchements durant son enfance".

"J’en ai parlé une fois à sa mère, elle m’a dit qu’elle s’était posé la question. Elle avait mis Nordahl en sport-études. Au départ, cela se passait bien, mais après il pleurait et ne voulait plus y aller. Par la suite, le directeur de l’établissement a été renvoyé pour avoir commis des attouchements sur des élèves", confiait celle-ci.

Jamais condamné pour agression sexuelle

Condamné à de la prison ferme en 2009 pour l'incendie volontaire d'un restaurant, il n'avait jusqu'ici jamais été condamné pour des affaires de mœurs. 

Personne n'est en tout cas vraiment capable de dire qui a invité cet étrange personnage au mariage du 27 août, où il a fait une brève apparition, pour le vin d'honneur et pour le dessert. Reste aujourd'hui à déterminer les circonstances dans lesquelles Nordahl Lelandais a enlevé et tué Maëlys et sur lesquelles il a pour le moment gardé le silence, se cachant derrière l'excuse d'une mort "accidentelle". Dans l'attente de son procès, Nordahl Lelandais dort à la prison de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère.