8 mois de sursis pour des menaces de mort contre Schiappa

La secrétaire d'Etat mais aussi un policier étaient dans le viseur de ce sympathisant gilet jaune sur les réseaux sociaux.
AFP/Philippe Huguen

Un homme de 31 ans, sympathisant gilet jaune, a été condamné à huit mois de prison avec sursis lundi à Versailles pour des menaces de mort proférées sur les réseaux sociaux à l'encontre de la secrétaire d'État Marlène Schiappa et d'un policier.

Cet électricien au casier judiciaire vierge, interpellé samedi matin à son domicile près de Mantes-la-Jolie (Yvelines), était jugé pour des messages envoyés sur Facebook jeudi et vendredi.

Il a été condamné pour outrage, menaces de mort et de crime à l'encontre d'un élu, menace de mort à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique et usage de stupéfiants - de la résine de cannabis ayant été retrouvée chez lui.

Dénoncé par un autre gilet jaune

L'enquête a démarré avec le signalement d'un autre gilet jaune, dont le frère, policier, avait reçu des menaces de la part de cet internaute. Alors qu'il le contacte à son tour pour lui demander de "se calmer", le prévenu formule d'autres menaces à l'encontre des forces de l'ordre, à la veille de l'acte 9 du mouvement samedi.

Les enquêteurs remontent jusqu'à son domicile et, sur son téléphone, retrouvent la trace de deux messages adressés à la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, envoyés sur le même réseau social, la menaçant de mort et de viol.

Le prévenu, qui dit avoir participé à deux manifestations parisiennes des gilets jaunes, a affirmé avoir copié-collé l'un des messages depuis un groupe Facebook qui incitait à l'envoyer à Marlène Schiappa, affirmant ignorer alors qu'elle était membre du gouvernement.

"Je le regrette"

"Je le regrette, je le ferai plus jamais de ma vie", a-t-il assuré, ajoutant: "Quand les policiers m'ont lu mes messages, j'ai été choqué de leur violence".

"Il y a de plus en plus d'élus ou de membres du gouvernement qui font l'objet de menaces, d'intimidation", a déclaré le procureur, qui avait requis trois mois avec sursis. "La contestation c'est un droit, mais elle ne peut pas s'exercer par le biais de menaces, d'insultes, d'outrages", a-t-il ajouté.

"Lamentable"

Ces menaces, "ce n'est pas un débat, ce n'est pas la liberté d'expression", a aussi estimé Me Eric Morain pour la partie civile, affirmant que Marlène Schiappa est "celle qui subit le plus de cyber-harcèlement au gouvernement, depuis des mois et des mois".

"Vous avez dit 'consternant', j'ajoute 'lamentable' et (le prévenu) le pense aussi", a lancé l'avocate de la défense Me Sylvie Sezikeye, en s'adressant au président du tribunal. "Aucune arme" n'a été retrouvée chez lui, a-t-elle cependant souligné, évoquant "quelqu'un de fragile" qui s'est "laissé entraîner".