18 mois de prison requis contre le tyran domestique qui a tué son chiot à coups de hache

L'homme, autoritaire et violent, terrorisait également sa femme et ses cinq enfants. Le tribunal a ordonné des expertises psychiatriques avant de rendre son jugement. 

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Cette histoire a provoqué une onde d'indignation la semaine dernière parmi les défenseurs des animaux. Un homme de 37 ans comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel d'Albertville (Savoie) pour avoir, mercredi 11 avril, tué son chiot de trois mois à coups de hache sous les yeux de sa femme et de son fils de onze ans. 

Tout commence par un banal accident: ce matin-là, sa femme roule sur la patte d'Athéna, la chienne de la famille, avec sa voiture. Elle l'emmène immédiatement chez le vétérinaire, qui diagnostique une simple blessure sans gravité particulière. Mais le père de famille ne "veut pas d'un chien handicapé". Furieux, il s'empare alors de l'animal, lui assène plusieurs coups de hache et part l'enterrer dans la forêt. 

A la barre, le prévenu, qui comparaissait pour "sévices graves sur animal de compagnie", a confié avoir simplement voulu "euthanasier" la petite chienne blessée. "Je ne suis pas un délinquant. Je n’ai jamais été violent", a-t-il assuré.

"Il est capable de tous les tuer"

Pourtant, l'audience a permis de révéler, autour de ce drame, tout un contexte de violences domestiques. Le quotidien d'une mère et de ses cinq enfants vivant sous le joug d'un homme autoritaire, qui n'hésite pas à donner des coups de pied dans le ventre de sa femme enceinte ou à enfermer son fils handicapé dans un placard, rapporte Le Parisien. "Des gifles éducatives", se défend le prévenu. 

"Il est capable de tous les tuer. Le chien ce sont les prémices de ce qui aurait pu leur arriver", a résumé la propre sœur du prévenu, citée à la barre.

Le procureur a requis 18 mois de prison ferme. Mais le profil inquiétant du suspect a poussé le tribunal à ordonner des expertises psychiatriques préalables en vue d'une prochaine audience, prévue pour le 24 mai. L'homme sera dans l'intervalle maintenu en détention préventive. 

La semaine des faits, une pétition demandant un "jugement exemplaire" à l'encontre de l'auteur avait réuni plus de 7.000 signatures. Sept associations de défense des animaux s'étaient portées partie civile pour cette audience, dont la SPA.