13 novembre : une fausse victime condamnée à 3 ans de prison

L'homme âgé de 29 ans avait affirmé se trouver au Bataclan le 13 novembre 2015. Il a été condamné à trois ans et demi de prison ferme dont six mois avec sursis.
13-Novembre : Une fausse victime condamnée à 3 ans de prison
L'homme âgé de 29 ans avait affirmé se trouver au Bataclan le 13 novembre 2015. Il a été condamné à trois ans et demi de prison ferme dont six mois avec sursis. BENOIT TESSIER / POOL / AFP

Inscrit dans la liste unique des victimes établie par le parquet de Paris, ce qui lui avait ouvert des droits à l'indemnisation, l'homme de 29 ans a écopé de trois et demi d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, pour avoir touché pas moins de 77.000 euros du Fonds de garantie des victimes du terrorisme (FGTI). Le tribunal correctionnel de Créteil a assorti la condamnation d'une mise à l'épreuve de deux ans comprenant une obligation de soins, l'indemnisation des parties civiles et a ordonné le maintien en détention du prévenu.

La décision finale est proche des réquisitions du parquet qui avait demandé trois ans de prison ferme, une amende de 20.000 euros, une obligation de soins, l'indemnisation des parties civiles et son retrait des droits civiques pendant cinq ans. II lui est également reproché d’avoir escroqué la caisse d’assurance maladie du Val-de-Marne.

"Je demande pardon aux victimes et aux associations (...) J'étais pris dans un engrenage, j'ai fait tout ça sur un coup de tête mais je ne voulais pas en arriver là", s'est justifié le condamné, devant plusieurs familles de victimes des attentats. "J'étais dans un mal-être général, ma copine venait de me quitter et mes entraîneurs sportifs aussi, je n'allais pas bien."

Le soir des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, il avait déclaré se trouver avec deux de ses amis dans la salle de concert du Bataclan, l'un des lieux visés. Il avait produit un faux billet de concert, alors qu'il se trouvait à Nancy ce soir-là. À son dossier d'indemnisation, il avait aussi ajouté des photos de la salle de spectacle, qu'il avait, de son propre aveu, "trouvées sur le dark web".

"J'étais pris dans un engrenage, j'ai fait tout ça sur un coup de tête"

Qu'a-t-il fait des 77.00 euros perçus ? "Je m'en suis servi dans mes addictions", a-t-il expliqué au tribunal, affirmant souffrir de problèmes d'alcool et de drogue. "Un voyage à Dubaï, un autre à Londres, ce ne serait pas ça vos addictions plutôt ?" a rétorqué la présidente. "Vous avez utilisé la douleur, l'argent, l'énergie et le temps des associations pour servir votre intérêt", a martelé quant à elle la procureure, soulignant "un homme enfermé dans le mensonge".

"Au-delà du préjudice financier, ce monsieur a menti et manipulé de 'vraies victimes'. Nos membres sont soulagés qu'il soit mis hors circuit car il mettait les gens mal à l'aise. Il n'était pas très rassurant à côtoyer...", a déclaré un responsable de l'association Life for Paris au Figaro. Par ailleurs, il ajoute que le casier judiciaire de Jean-Luc B. n'est "pas vierge".

À l'heure actuelle, le FGTI a pris en charge 2.600 victimes ou proches de victimes des attentats du 13 novembre, pour un montant total de plus de 92 millions d'euros d'indemnisations. Selon le FGTI, l'homme condamné hier à Créteil devient la quatorzième "fausse victime" des attentats du 13 novembre 2015 punie par la justice.