13-Novembre: les regrets du patron du Casa Nostra

Dimitri M., 45 ans, a été condamné à 10 000 euros d'amende en mai dernier, pour avoir diffusé les images de vidéosurveillance de son restaurant, cible des attaques de 2015.
La Pizzeria Casa Nostra, rue de la Fontaine au roi, a été la cible des terroristes vendredi 13 novembre Charlotte Lazimi

Le soir du 13 novembre 2015, les caméras de vidéosurveillance du Casa Nostra ont filmé l'arrivée de terroristes, kalachnikov à la main, les vitres qui explosent et les clients apeurés qui tentent de s'abriter comme ils peuvent. Des images choquantes qui ont été diffusées une semaine plus tard par le Daily Mail.

Plusieurs médias, dont Le Petit Journal de Canal +, ont affirmé que Dimitri M. avait vendu le disque dur de la vidéosurveillance de son établissement, contre la somme de 50 000 euros. Un journaliste indépendant présent au moment de la transaction, qu'il avait filmé la scène en caméra cachée, va dans le même sens. Des accusations que nie toujours le gérant. Il dément tout enrichissement personnel.

Deux ans après les attentats, le patron de ce restaurant du 11e arrondissement de Paris assure sur RTL qu'il "regrette vraiment" son "geste". "J'étais triste pour toutes les victimes", assure-t-il. En mai dernier, la justice a condamné Dimitri M., 45 ans, à 10 000 euros d'amende pour "divulgation d'images de vidéoprotection à une personne non habilitée".

Menaces de mort et antidépresseurs

"Ces vidéos-là, je les ai données pour faire un reportage que je n'ai ni négocié, [et dont je n'ai pas] vu la couleur de l'argent. J'ai été jugé comme un terroriste. Je me suis dit 'tiens le coup, c'est juste une question de temps. Tout ça, ça va se rétablir un jour'. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?"

Le gérant assure à la radio qu'il est sous antidépresseurs, qu'il vit cloîtré chez lui. Il évoque des menaces de mort et des agressions. En mai dernier, devant le tribunal correctionnel de Paris, trois clients présents le soir des faits avaient décrit l'impact "obsessionnel" de ces images "insoutenables", sur eux-mêmes mais aussi sur leurs proches.