Violences conjugales : Nicole Belloubet "totalement en faveur" du bracelet électronique anti-rapprochement

Invitée de LCI, la ministre de la Justice a affirmé ce lundi 1er juillet 2019 vouloir "développer les dispositifs de protection physique", dans un effort juridique plus large de lutte contre la violence faite aux femmes.

Violences conjugales : Nicole Belloubet "totalement en faveur" du bracelet électronique anti-rapprochement
Invitée de LCI, la ministre de la Justice a affirmé ce lundi 1er juillet 2019 vouloir "développer les dispositifs de protection physique". RMC

"C’est inacceptable." C’est ainsi qu’a réagi Nicole Belloubet sur le plateau de LCI ce lundi 1er juillet, après la publication, la veille, du nombre de féminicides recensés depuis le 1er janvier 2019. Pas moins de 70 femmes ont succombé à la violence de leur conjoint en France dans les 6 premiers mois de cette année, comme le révèle le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides, enjoignant les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités dans un appel publié par Le Parisien.

"Manifestement, (ces) chiffres montrent que nous ne réussissons pas pleinement dans la lutte contre les meurtres, les féminicides", a ainsi concédé la ministre de la Justice, avant d’annoncer qu’elle avait "pris un certain nombre de dispositions pour le domaine qui (la) concerne". "J’ai notamment, le 9 mai dernier, envoyé une circulaire aux procureurs généraux de la République pour leur dire à quel point ce sujet devait être priorisé dans les politiques qu’ils conduisent", précise-t-elle. Et d’annoncer notamment qu’elle "souhaite développer les dispositifs de protection physique", dont la mise en place d’un "bracelet anti-rapprochement".

Un Grenelle des violences faites aux femmes

Demandé en expérimentation par des parlementaires du Val d’Oise, comme le rappelle la journaliste de LCI Amélie Carrouer, ce dispositif auquel Nicole Belloubet se dit "totalement en faveur" devrait ainsi être appliqué "le plus tôt possible". "Je vais même vous dire, ce n’est pas une expérimentation que je veux, je vais tout de suite passer à la généralisation", souligne-t-elle, estimant que "pour que ce dispositif soit efficace, nous devons absolument modifier un tout petit peu la loi parce qu’actuellement nous ne pouvons l’appliquer qu’à un certain nombre de personnes, celle qui ont été condamnées, et c’est trop restreint".

La ministre de la Justice a par ailleurs annoncé vouloir développer d’autres mesures pour lutter contre les violences conjugales. Elle a ainsi cité "les ordonnances de protection qui permettent à des femmes de bénéficier d’une protection juridique", ainsi qu’une "évolution de l’aide juridictionnelle" d’ici l’année prochaine. De même qu’elle s’est dite "tout à fait d’accord" avec l’idée d’un Grenelle des violences faites aux femmes. Un Grenelle qui serait l’occasion de faire un bilan "essentiel" de "l’ensemble des mesures sur lesquelles le président de la République s’est engagé".