VIDÉO. Attentat des Champs-Elysées: sur France 2, Fillon propage des rumeurs

Le candidat LR a laissé entendre que "d'autres violences" se déroulaient "ailleurs dans Paris" au moment de l'attentat. Il évoque un "rapport de police" ce vendredi.
La rumeur des "autres violences" se déroulant dans Paris jeudi soir ont été vite démenties par le ministère de l'Intérieur. REUTERS/Martin Bureau

Le dernier grand oral de la campagne présidentielle, 15 minutes pour convaincre, a été percuté jeudi soir par le terrorisme et l'attentat commis sur les Champs-Elysées jeudi soir. Les candidats à l'élection présidentielle, à chaud, ont été contraints de commenter. Dernier dans l'ordre d'arrivée, François Fillon n'a pas échappé à la règle. Lorsqu'il évoque le drame qui vient de se produire, il dit toute sa "solidarité" avec les forces de l'ordre mais ajoute: "On nous laisse entendre qu'il y a d'autres violences ailleurs dans Paris."

Une réflexion qui immédiatement interroge puisque le ministère de l'Intérieur n'a fait mention d'aucune autre attaque ou violences.

Au cours de la soirée, l'agence de presse britannique Reuters avait effectivement évoqué des coups de feu "entendus" rue Vernet, près des Champs-Elysées. Mais l'information a été rapidement démentie par le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

En marge de sa déclaration à la presse, vendredi, François Fillon maintient ses propos. Interrogé par Hugo Clément, journaliste de Quotidien, sur la divulgation de "fake news" et l'évocation de d'autres attaques simultanées, le candidat LR a répondu, selon le journaliste: "Oui, elles ont existé. regardez les rapports de police."

A peine Fillon parti, les journalistes et caméras présents se ruent sur ses proches pour en savoir davantage. Frédéric Péchenard, le monsieur sécurité du candidat et ex-patron de la police, et Bruno Retailleau, son bras-droit, sont pris d'assaut et restent interdits. "Je ne sais pas vous répondre", lâche Bruno Retailleau.

Une agression à Etienne Marcel

L'entourage du candidat Les Républicains a ensuite expliqué à l'AFP que François Fillon faisait allusion à une alerte du Centre opérationnel de gestion interministériel de crise (COGIC), dépendant du ministère de l'Intérieur. "Un militaire de l'opération Sentinelle s'est fait agresser par un individu à la station Etienne Marcel, sur la ligne numéro 4. L'individu a été neutralisé et arrêté par les forces de police. Il n'y a pas de victimes", signalerait l'alerte.

Ce n'est pas la première fois que François Fillon se laisse aller à des sous-entendus ou des soupçons, en direct, à la télévision. Notamment le 4 avril, à l'occasion du premier grand débat, sur TF1 et LCI, lorsque le député de Paris a déclaré qu'"on a annoncé le suicide de [sa] femme (...) sur les chaînes de télévision". Une insinuation vite démentie par les faits, le suicide de Penelope Fillon n'ayant été nullement mentionné par quiconque, hormis peut-être Madeleine de Jessey, proche du candidat, sur Twitter.

François Fillon a lui-même reconnu qu'il était peut-être allé un peu vite en besogne, lors de son passage à l'émission Au tableau!, diffusée sur C8.