Un maire breton décline l'invitation de Macron à l'Élysée

L'élu s'insurge contre la décision du président de ne pas se rendre au congrès des maires de France la semaine prochaine.
Au congrès des maires de France, en novembre 2017 à Paris afp.com/JACQUES DEMARTHON

L'idée d'Emmanuel Macron d'inviter des maires à l'Elysée en marge du Congrès des maires de France ne passe pas auprès de tous les élus. Et certains le font savoir. Yohann Nédélec, maire socialiste de Le Relecq-Kerhuon, dans le Finistère, a décidé de décliner l'invitation du chef de l'Etat. Et il a expliqué les raisons de sa colère dans un billet de blog jeudi.

Pour l'élu breton, l'absence du chef de l'Etat, remplacé par le Premier ministre, au congrès qui se tiendra porte de Versailles, à Paris, du 20 au 22 novembre, relève d'une "contre-manifestation", "visant très probablement à séduire individuellement les maires plutôt que d'affronter une salle qui se pose légitimement des questions".

Décisions qui "affaiblissent" les maires

Car les attentes sont fortes du côté des édiles. "Vous le savez fort bien, Monsieur le Président de la République, les décisions que vous avez pu prendre vous et votre Gouvernement affaiblissent énormément les capacités des maires à répondre aux attentes des administrés", écrit Yohann Nédélec.

Indigné par la décision du président, l'élu breton rappelle que le chef de l'Etat s'était engagé l'an passer à venir "chaque année" rendre compte de ses engagements, "parce que c'est cela l'esprit de responsabilité dans la République".

"Respecter l'intégralité des maires"

"Votre présence devant l'assemblée des Maires est importante: c'est le seul moment dans l'année où quelques milliers d'élus locaux peuvent échanger directement avec l'État, avec le gouvernement. Pardonnez-moi et sauf votre respect, je ne saisis pas bien ce "double" congrès visant à effectuer une démarche parallèle avec les uns et pas les autres", ajoute-t-il, en publiant la lettre d'Emmanuel Macron l'invitant à l'Elysée aux côté de quelques centaines d'autres maires.

Yohann Nédélec conclut avec des "salutations républicaines" précédées d'un cinglant : "J'espère bien vous voir, l'année prochaine, Porte de Versailles, en 2019 et ainsi respecter l'intégralité des Maires, pas juste une poignée, triés sur le volet par les Préfectures et/ou par le ministère de l'Intérieur."