Traité d'Aix-La-Chapelle : deux fake news qui continuent de circuler

Ce lundi 22 janvier, aux alentours de 11h30, le traité d'Aix-la-Chapelle de coopération entre la France et l'Allemagne a été signé par Angela Merkel et Emmanuel Macron. Mais le renforcement de l'axe franco-allemand continue de faire parler de lui au travers des fake news. Explications.
Traité d'Aix-La-Chapelle : deux fake news qui continuent de circuler
Ce lundi 22 janvier, aux alentours d'11h30, le traité de d'Aix-la-Chapelle de coopération entre la France et l'Allemane a été signé par Angela Merkel et Emmanuel Macron. Mais le renforcement de l'axe franco-allemand continue de faire parler de lui au travers des fake news. Explications. BFMTV

Transport, culture, défense, le traité d'Aix-la-Chapelle a été ratifié entre la France et l'Allemagne ce matin. 56 ans après le premier traité entre le Général De Gaulle et Konrad Adenauer, il devrait permettre "une coopération de défense [...], un tramway qui traverse déjà la frontière [...], un maximum d'enfants bilingues dans les zones transfrontalières", entre nos deux pays voisins, explique Julia Delage, journaliste internationale pour BFMTV

Pourtant, comme l'a précisé le président de la République lors de son allocution, des "mensonges" continuent d'entourer sa ratification et son contenu, relayés notamment par l'extrême droite. La rédaction de SFR News revient pour vous sur les deux principaux : le partage du siège de l'ONU au Conseil de sécurité entre les deux pays et la "vente" de l'Alsace et de la Moselle à l'Allemagne.

Un partage du siège au Conseil de sécurité de l'ONU ?

Pour Marine Le Pen, c'est une certitude. Invitée mercredi 16 janvier sur le plateau de BFMTV, la présidente du Rassemblement National a estimé que la ratification de ce traité impliquerait un partage de notre siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. "Emmanuel Macron est en train de vendre notre pays à la découpe [...]. Il envisage [...] de partager notre siège au Conseil de sécurité avec l’Allemagne. Et peut-être même de partager notre puissance nucléaire avec l’Allemagne", a fulminé de manière vindicative la politicienne.

Pour rappel, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU sont la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Le Conseil est également composé de 10 membres temporaires, élus pour deux ans, renouvelés à moitié tous les ans, dont l'Allemagne fait partie depuis le 1er janvier 2019.

Le traité d'Aix-la-Chapelle précise-t-il un partage du siège permanent possédé par la France ? Pas vraiment. S'il est inscrit, dans l'article 5 que les deux pays "établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations unies à New York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité", ou encore dans l'article 8 qu'ils "s’engagent à poursuivre leurs efforts pour mener à terme des négociations intergouvernementales concernant la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies", ainsi que "l’admission de la République fédérale d’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande", il n'est nullement prévu un partage tel que celui assuré par Marine Le Pen.

Si l’Allemagne a manifesté, son intérêt pour que la France cède sa place de membre permanent au profit d'un siège européen global, l'Élysée a effectivement assuré dans une déclaration à l'AFP que notre pays "ne veut ni quitter son siège ni le partager". Dans tous les cas, un simple traité entre deux pays ne pourrait modifier un statut aussi important.

L'Alsace et la Moselle : un cadeau pour l'Allemagne ?

Vendredi 11 janvier dernier, Bernard Monot, député européen Debout la France, publie sur YouTube une vidéo (depuis supprimée) dans laquelle il assure que le traité d'Aix-la-Chapelle entend "livrer l’Alsace et la Lorraine à une puissance étrangère". Selon lui, "la langue administrative sera l’allemand". Marine Le Pen suit le pas et affirme à son tour "une mise sous tutelle d'une part de l'Alsace", comme le retranscrit Libération.

Bien évidemment, le traité signé ce mardi matin ne fait aucune mention de livraison des deux départements à l'Allemagne ou d'une quelconque "mise sous tutelle", comme a pu l'affirmer la présidente du Rassemblement National.

Le traité d'Aix-la-Chapelle a été écrit "dans le respect des règles constitutionnelles respectives des deux Etats" et donc respecte la non-aliénation du territoire de la République française. 

Le traité mentionne simplement le fait que la France et l'Allemagne "dotent les collectivités territoriales des territoires frontaliers et les entités transfrontalières [...] de compétences appropriées, de ressources dédiées et de procédures accélérées", afin "de surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers", "en particulier dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire, énergétique et des transports".  Un seul objectif : le "bilinguisme", pour une meilleure coopération frontalière.

Les alsaciens et mosellans peuvent donc souffler, ils ne seront pas forcés de parler Allemand pour leurs diligences administratives !

Erreur lors du chargement du média :
Source introuvable