Sarkozy épargne Macron: "Donnons-lui le temps"

Nicolas Sarkozy refuse de critiquer le chef de l'État et le met en garde sur la "drogue du pouvoir" dans un entretien au Point.
Nicolas Sarkozy, ici septembre 2016, met en garde contre les "dangers que les émanations du pouvoir peuvent générer". afp.com/CHARLY TRIBALLEAU

Ses prises de parole sont rares. Nicolas Sarkozy appelle à "donner du temps" à Emmanuel Macron dans un long entretien publié mardi par Le Point. "Je ne suis plus dans le combat politique. Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d'une élection. Je m'abstiendrai donc de le critiquer. J'observe d'ailleurs qu'en matière de critiques il semble servi... Et c'est si facile de détruire", a-t-il dit.

"Donnons-lui le temps. Les Français s'exprimeront lors des prochaines échéances électorales, a ajouté Nicolas Sarkozy, assurant souhaiter "le meilleur pour notre pays". Il met toutefois en garde contre un pouvoir "dangereux, il peut devenir une drogue. Un peu d'expérience ne nuit pas face aux dangers que les émanations du pouvoir peuvent générer", conseille l'ancien président.

Pas "besoin du pouvoir pour vivre"

Envie de revenir au pouvoir? "Je savais dès le début que le pouvoir était une parenthèse dont on n'est pas propriétaire", répond Nicolas Sarkozy, assurant ne pas avoir "besoin du pouvoir pour vivre". Il admet avoir "commis des erreurs, il y a des choses que je referais différemment, mais je n'ai aucune amertume, aucun regret", dit-il.

Il dit avoir "pris un peu de recul avec les artifices de communication. C'est sans doute une conviction tardive, car j'ai beaucoup péché en la matière, je le reconnais". Battu par François Hollande en 2012, Nicolas Sarkozy est revenu en politique en 2014, briguant la présidence de l'UMP rebaptisée Les Républicains, avant d'échouer en 2016 au premier tour de la primaire de la droite face à François Fillon et Alain Juppé.

Ennuis judiciaires

Cet entretien fleuve intervient quelques jours après la confirmation par la Cour d'appel de Paris de son renvoi devant un tribunal pour les dérapages financiers de sa campagne de 2012 dans l'affaire "Bygmalion". Son avocat va former un pourvoi en cassation.

Nicolas Sarkozy est également impliqué dans d'autres dossiers : il est mis en examen depuis mars 2018 pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens" dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007.

Selon un journaliste de Mediapart, l'ancien président n'est pas interrogé, dans cet entretien, sur les soupçons de financements libyens ou l'affaire Bygmalion.