Notre-Dame-des-Landes: Édouard Philippe en visite surprise après ses consultations

Le Premier ministre s'est déplacé pour "voir et écouter" et rencontrer le maire Jean-Paul Naud. Le duo exécutif doit trancher sur l'avenir du projet d'ici la fin du mois.
L'une des photos diffusées par le Premier ministre, ce samedi. Twitter / Edouard Philippe

La visite n'était pas annoncée. Le Premier ministre Édouard Philippe, qui a consulté toute la semaine à Paris des élus de l'Ouest sur le projet d'aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes, a publié ce samedi sur Twitter des photos de son déplacement sur place. Il y a rencontré notamment le maire de la ville, Jean-Paul Naud.

Il s'est ensuite rendu à Nantes "pour une visite républicaine à la maire" PS Johanna Rolland, favorable à l'ouvrage, avant d'aller à l'aéroport actuel de Nantes-Atlantique et la commune de son emplacement, Saint-Aignan-Grandlieu.

L'État doit annoncer, après cette semaine de consultations à Matignon, une décision très sensible d'ici la fin du mois de janvier. Emmanuel Macron en avait fait l'une de ses promesses de campagne.

Vendredi, Édouard Philippe a ainsi rencontré le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, qui regroupe les élus des 20 collectivités impliquées dans le projet de transfert de l'aéroport de Nantes dans les bocages de Notre-Dame-des-Landes. Pro-"NDDL", le groupement présidé par le socialiste Philippe Grosvalet comprend notamment l'ancien président des Pays de la Loire, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Naud veut une "zone d'agriculture protégée"

Le maire rencontré ce samedi par le Premier ministre, Jean-Paul Naud, est lui aussi opposé au projet. Il plaide même pour que la ZAD devienne une "zone d'agriculture protégée", comme il l'a notamment expliqué jeudi au Télégramme de Brest.

Depuis le 4 janvier, le Premier ministre a successivement rencontré les grands élus (parlementaires, maires, présidents de conseils départementaux...) de Loire-Atlantique, d'Ille-et-Vilaine, du Morbihan, du Maine-et-Loire, de Mayenne et de Vendée. L'immense majorité des élus se sont en tout cas accordés à réclamer une expulsion de la ZAD, comme 56% des Français sondés par Odoxa.

Ces rencontres suivent les conclusions du rapport des trois médiateurs nommés. Ils concluent que la construction et l'agrandissement de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique étaient deux options "raisonnablement envisageables", remettant ainsi en selle la seconde possibilité, longtemps écartée sous le quinquennat Hollande.