Nicolas Sarkozy se confesse avec "Passions"

L’ancien président de la République est de retour… en librairie ! Il publie ce jeudi 27 juin 2019 Passions, un livre-confessions dans lequel il retrace son parcours, plus de 30 ans de carrière politique, en toute décontraction. 

Nicolas Sarkozy nous livre ses "Passions" dans un livre-confessions publié aux éditions de L'Observatoire, ce jeudi 27 juin 2019.
BFMTV

C’est une œuvre de quelque 368 pages, tirée à 200 000 exemplaires, que nous dévoile aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Un véritable autoportrait dans lequel il confie ses ambitions, ses inspirations, ses craintes, ses faiblesses, racontant au passage ses relations politiques mais aussi personnelles. Sélection. 

Son divorce avec Cécilia : "J’étais soulagé"

C’est un passage douloureux qui a entaché ses premiers pas à l’Élysée. Une affaire personnelle qui a fait couler beaucoup d’encre dans les pages des tabloïds. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy le reconnaît : "Rétrospectivement, je comprends combien mon divorce, à peine élu, a pu déstabiliser les Français. Sans parler des dix jours de l'été 2007 passés aux États-Unis à essayer, contre l'évidence, de sauver mon couple." D’après cet extrait relevé par RTL, l’ancien chef d’État révèle par ailleurs avoir été "stupéfait" de "l’attitude de Cécilia" à l’époque. "Je n'avais rien anticipé. Je n'y avais rien compris", poursuit-il, avant de déclarer : "Je subissais sans pouvoir contrôler une situation, qui, chaque jour, devenait plus incompréhensible." Si, selon ses dires, le divorce lui semblait d’abord inconcevable, il a finalement été libérateur. "Alors que je m'étais tant battu pour sauver ma famille, le lendemain du divorce, je me réveillais au Portugal où je me trouvais pour un sommet européen avec un poids immense en moins. J'étais soulagé", dit-il, en précisant : "Je l'avais craint, j'avais tort."

Sa première rencontre avec Chirac : "J’étais au comble de la stupéfaction"

Nous sommes en 1975, juste après le premier meeting politique du militant qu’était alors Nicolas Sarkozy, à Nice. Responsable national des jeunes UDR, il effectue un bref discours dans le cadre d’un congrès du parti de Jacques Chirac, alors Premier ministre. Vraisemblablement épaté, ce dernier le convoque en tête-à-tête. "Avant que je ne puisse formuler un mot, il me dit : 'Assieds-toi, tu es fait pour la politique. Je t'ai entendu à Nice! Je veux que tu viennes travailler avec moi !'", se rappelle, dans un extrait dévoilé par Le Point, celui qui deviendra plus tard ministre durant son mandat présidentiel. Et de révéler : "J'étais au comble de la stupéfaction. Il me faut préciser que c'était le Chirac de la grande époque. Son physique était impressionnant, comme son énergie. On aurait dit un acteur américain dans ces films inoubliables remplis de héros qui n'avaient ni faiblesses, ni peurs, ni défauts. Je buvais ses paroles."

Souvenir agréable d’un dîner avec le couple Macron : "Brigitte est une femme de qualité"

Nicolas Sarkozy a des mots plutôt tendres concernant l’actuel Président, de même que la Première dame. Dans un passage relaté par le JDD, il se remémore un dîner avec le couple durant l’été 2017, qui, selon ses mots, "fut d'autant plus agréable qu'il commença par une déclaration de Brigitte Macron précisant : 'J'ai toujours eu de la sympathie pour vous et je ne le regrette pas'." L’ancien chef d’État dit ainsi avoir été "sensible à la sincérité et à la simplicité de Brigitte Macron", la qualifiant de "femme de qualité". "J'apprécie son engagement auprès de son mari, et la conscience avec laquelle elle remplit son rôle", poursuit-il. Quant à ce dernier, celui qui n’a connu qu’un mandat présidentiel note : "Si la jeunesse est un grand atout pour conquérir le pouvoir, elle est une faiblesse au moment de l'exercer, le président Valéry Giscard d'Estaing, le président Emmanuel Macron et moi-même avons été confrontés à cette contradiction. Je souhaite au Président actuel de la résoudre mieux que ses prédécesseurs ont pu le faire, moi compris."

Le sage conseil de Mitterrand face au "jeune loup si ambitieux (qu’il était) à l’époque"

Selon un extrait partagé dans Le Point, Nicolas Sarkozy évoque une anecdote datant d’avril 1994, en Ouzbékistan, aux côtés de François Mitterrand. Ce dernier lui aurait fait part d’un brin de sagesse en lançant : "Savez-vous combien de temps j'ai dû passer à attendre et à combattre avant de devenir président de la République? Près de trente ans de préaux d'école, de sous-préfectures, de déplacements en voiture, en train, en avion. Trente années, c'est long! Vous ne l'oublierez pas, vous qui êtes si pressé. Pour y arriver, il faut de la ténacité." Un souvenir dont il se remémore semble-t-il avec nostalgie, "regrettant aujourd’hui de ne pas avoir assez remercié cet homme pour cette conversation". Il salue en effet de la part de l’ancien Président socialiste "une forme d'humanité et de gentillesse à l'endroit du jeune loup si ambitieux (qu’il était) à l'époque".

Fillon, "cassant et rancunier"

L’ancien chef d’État n’a pas que de douces attentions envers les divers hommes politiques qui ont croisé sa route. Concernant son ancien Premier ministre, il fait même preuve du certaine rancœur, regrettant presque semble-t-il de l’avoir choisi pour représenter son gouvernement. "Je le trouvais sérieux, compétent solide et je le pensais capable de fidélité. Je croyais le connaître...La suite montra mon erreur", déclare en effet Nicolas Sarkozy selon un extrait de son livre publié dans le JDD. Et d’ajouter : "Je m'aperçus avec le recul que je n'avais pas senti ni compris son profond mal-être. L'image qu'il renvoie est bien différente de ce qu'il est en profondeur. Il parait calme, pondéré, discret. Or, il peut, dans certaines occasions, être cassant et rancunier. Cela n'enlève rien à ses qualités d'orateur, ni à son intelligence. Rarement, je ne suis autant passé à côté d'une personnalité."

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