Macron : "Les Corses méritent mieux que des guerres de tranchées"

Dans le cadre du dernier grand débat national, Emmanuel Macron est en Corse ce jeudi 4 avril, où sa visite a été boycottée par des élus nationalistes.
Macron : "Les Corses méritent mieux que des guerres de tranchées"
Dans le cadre du dernier grand débat national, Emmanuel Macron est en Corse ce jeudi 4 avril, où sa visite a été boycottée par des élus nationalistes. BFMTV

Après plus de quatre mois de crise des Gilets jaunes, le dernier grand débat voulu par Emmanuel Macron s'est installé ce 4 avril en Corse, à Cozzano. Pour le chef de l'État, il s'agit de rencontrer 160 élus locaux pour aborder les problèmes quotidiens sur l'île. Mais c'est une étape compliquée, dans un contexte particulier. Depuis trois semaines, une vague d'explosions visant des résidences secondaires a secoué l'île de Beauté. C'est la plus importante série depuis 2012 et à ce stade, il n'y a pas de revendication politique même si elle rappelle le mode opératoire de groupe clandestins nationalistes.

Le syndicat des travailleurs corses STC a appelé à la grève pour s’opposer au "mépris de l'État français vis-à-vis de la Corse"  et les nationalistes corses ont appelé à une opération "île morte" pendant la durée du débat, une première depuis des années. Quant aux deux hommes forts de la région, le président du conseil exécutif Gilles Simeoni et le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ils ont décidé de boycotter la réunion prévue. Alors qu'ils ont proposé au président de la République de s'exprimer devant les élus de l'Assemblée locale, il a refusé leur invitation. Une réponse qualifiée de "rebuffade" pour les deux Corses.

Face à ce boycott et devant l'assemblée de maires présents, Emmanuel Macron a estimé que "les Corses méritent mieux que des guerres de tranchées". 

Erreur lors du chargement du média :
Source introuvable

Dès que le débat a commencé, Emmanuel Macron a exclamé qu'il était là, "pour parachever ce tour de France auquel je m'étais engagé dès novembre dernier à l’Élysée" et "j'ai le volonté de continuer ce cheminement commun concernant la Corse". Ce dernier grand débat a été très axé sur les problèmes que rencontrent les insulaires dans leur vie quotidienne. Par exemple, Jocelyne Fazi, maire de Renno, a dénoncé le prix des produits de consommation courante en Corse. "Le panier de la ménagère en Corse est de 4% plus cher que sur le continent", a déploré la femme politique.

Après plusieurs questions et plaintes sur le coût de la vie en Corse par rapport au continent, le chef de l'État leur a répondu que "la part du coût de la vie supplémentaire liée à l'insularité à donné lieu à plusieurs politiques de l’État. La République met chaque année près d'un milliard d'euros pour compenser l'insularité".

Les édiles corses ont également demander un "dialogue" avec l'État. Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, considère que "s'il n'y a[vait] pas de dialogue entre l'État et la Collectivité de Corse, nous allons vers des jours noirs". Pour Paul-Marie Bartoli, maire de Propriano, "le dialogue est nécessaire et exclut le chantage".