Prix du carburant: la réponse de Macron aux gilets jaunes

Le chef de l'État a annoncé ce mardi une série de mesures pour rendre la transition écologique "acceptable et démocratique".
Emmanuel Macron a, notamment, répondu aux "gilets jaunes", ce mardi. afp.com/Philippe LOPEZ

Emmanuel Macron "garde le cap". Ce mardi matin, le chef de l'État a détaillé la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), censée tracer la route de la transition écologique. Des annonces - prévues - en forme de réponse au mouvement des gilets jaunes, qui protestent depuis plusieurs jours contre la hausse des prix et des taxes sur les carburants.

Lors de son discours, Emmanuel Macron a annoncé un ajustement des taxes sur les carburants en fonction de "l'envolée" des prix du pétrole.

"Il faut adapter la hausse de la taxe au marché du pétrole. Je souhaite dans les trois mois une méthode pour rendre plus intelligente cette taxe aujourd'hui un peu aveugle, et avoir tous les trimestres un rendez-vous qui atténue l'effet d'une envolée des cours mondiaux" a-t-il expliqué, sans plus de précisions.

Le chef de l'État est également revenu sur les violences qui ont émaillé les manifestations des gilets jaunes, en particulier samedi sur les Champs-Élysées, à Paris. "Depuis plusieurs semaines, un mouvement de contestation a grandi dans le pays. Il a donné lieu à des violences inacceptables", a-t-il déclaré avant d'ajouter : "Je ne confonds pas les casseurs et les concitoyens qui veulent faire passer un message."

Ecoutez Anne Rosencher analyser le mouvement des gilets jaunes, son hétérogénéité, son implantation "'périphérique", les raisons la colère (sur SoundCloud).

"Ils disent que ce sont toujours les mêmes qui font des efforts, et ils ont raison. [...] On les a conduits mécaniquement et collectivement dans la situation dans laquelle ils sont aujourd'hui." "Qui vit dans des passoires thermiques ? Nos concitoyens les plus modestes", a-t-il assuré.

Emmanuel Macron a ajouté qu'il ne fallait pas "renoncer à nos responsabilités, pour demain et pour aujourd'hui" et que "chacun doit jouer son rôle". "On ne peut pas être le lundi pour l'environnement et le mardi contre l'augmentation des prix du carburant."

Le chef de l'État a souhaité par ailleurs la mise en place d'une "concertation nationale" pour les trois prochains mois, rassemblant tous les acteurs impliqués, et a invité les gilets jaunes à se joindre au débat.

"Je souhaite que partout, cette concertation puisse être déclinée et que partout, le débat se tienne. Toutes les associations doivent pouvoir y participer, y compris les représentants des gilets jaunes". "Les solutions ne seront pas partout les mêmes, à la campagne et dans les métropoles."

"Tout sera mis en oeuvre pour que l'écologie à la française puisse être une écologie populaire", a dit le président, avant d'ajouter que l'écologie "n'est pas un sujet d'urbain et de bobo". Selon lui, il faut avant tout "changer de méthode" et " transformer les colères en solutions".

Il a par ailleurs promis l'arrêt de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035, dont 4 à 6 d'ici 2030 en plus de Fessenheim, dont l'arrêt des deux réacteurs est prévu pour 2020. Il a également demandé à EDF de préparer une feuille de route pour 2021 sur la construction de nouveaux réacteurs. "Le nucléaire nous permet de bénéficier d'une énergie décarbonnée et à bas coût. Nous allons engager une nouvelle régulation du parc nucléaire existant. Je n'ai pas été élu sur un programme de sortie du nucléaire mais sur la réduction de la part du nucléaire."

Il a aussi programmé la fin de toutes les centrales à charbon d'ici 2022. "Si nous réussissons, nous aurons fait une grande partie du chemin, mais pas tout le chemin." Il a aussi affirmé que, d'ici "l'horizon 2030, l'évolution du parc éolien terrestre sera triplée, la part des panneaux photovoltaïques sera multipliée par cinq".

Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de "produire des voitures qui consomment moins et polluent moins. C'est le sens de la prime à la reconversion, mais plus largement de toute notre stratégie industrielle". Une prime qu'il veut voir renforcée.

Au total, 7 à 8 milliards d'euros seront consacrés aux énergies renouvelables grâce aux taxes sur les carburants, contre 5 milliards actuellement.