Législatives: l'opposante de Valls affirme avoir des preuves de tricherie

Dans l'Essonne, Farida Amrani, candidate de la France insoumise, conteste la victoire de Manuel Valls. Elle compte déposer un recours devant le Conseil constitutionnel.
Farida Amrani (LFI) est l'adversaire de Manuel Valls dans l'Essonne. BFMTV (Capture d'écran)

Farida Amrani ne décolère pas. Au lendemain du second tour des élections législatives, dont la victoire a été revendiquée dans la 1re circonscription de l'Essonne par l'ancien Premier ministre Manuel Valls, son adversaire de la France insoumise organise la riposte.

Quelles sont les accusations d'Amrani?

Farida Amrani est "cash" et accuse Manuel Valls de tricherie, tout comme l'a fait, dès dimanche soir, Sophia Chikirou, la directrice de communication de campagne de Jean-Luc Mélenchon. En filigrane, son camp accuse celui de Valls d'avoir bourré les urnes, notamment dans les bureaux où la France insoumise n'avait pas d'assesseurs. L'ex-Premier ministre revendique la victoire avec une courte avance de 139 voix.

"[Dans] quatre bureaux où nous n'avions pas d'assesseurs, nous aurions du avoir les résultats en même temps [que les autres bureaux]. Ils nous ont été donnés en dernier. Avec un ratio de voix plus important par rapport aux autres bureaux de la ville [d'Evry, le fief électoral de Manuel Valls]", s'emporte ce lundi matin la candidate au micro de BFMTV.

Dès dimanche soir, elle évoquait par ailleurs d'autres irrégularités supposées, et notamment "des dizaines de piles de bulletins" qui auraient pu "être oubliées", ainsi que la destruction -normale après dépouillement- des bulletins de vote. Par ailleurs, Farida Amrani a dénoncé des "intimidations", sans préciser de qui elles venaient, qui elles visaient et à quel moment elles auraient pu avoir lieu.

Enfin, la candidate de la France insoumise reproche au camp Valls de ne pas l'avoir laissée assister aux opérations de recomptage, à Evry, hier soir. Face à la cohue indescriptible qui régnait dans l'hôtel de ville où se tenait la soirée électorale, des militants et une partie des médias ont été interdits d'accès aux opérations, priés d'attendre à l'extérieur.

Sur quoi s'appuie-t-elle?

Pour étayer ses accusations, Farida Amrani dit s'appuyer sur plusieurs éléments concrets... mais reste très vague devant les caméras. "On a des vidéos, des photos", jure-t-elle ce lundi matin sur BFMTV, sans dire ce que montrent les fichiers en question. "On a des attestations, on a des citoyens qui nous ont appelés nous disant qu'il y avait des choses qui se sont passées [...]. On attend les attestations de ces gens-là, qui ne sont pas des militants de la France insoumise", ajoute-t-elle.

La candidate précise avoir été "personnellement" témoin de "choses graves qui se sont passées dans un bureau", sans évoquer explicitement le lieu ni dire à quoi elle fait allusion.

Que va-t-elle faire?

La riposte de Farida Amrani s'organise en deux temps. Ce lundi matin, elle a assuré qu'elle allait "recompter" les bulletins de vote de la veille à partir à la préfecture d'Evry. En parallèle, la candidate LFI compte déposer un recours devant le Conseil constitutionnel.

"J'ai confiance dans la justice de notre pays, on ira simplement, sincèrement, en toute tranquillité, la démocratie doit s'exprimer, elle va s'exprimer, mais nous on réfute ce qui s'est passé hier", a-t-elle lâché sur LCI.