La réforme des institutions reportée après le débat national

Édouard Philippe a regretté la "péripétie" Jouanno et assuré que le gouvernement tiendrait compte des résultats du débat.
Édouard Philippe sur le plateau de TF1, dans les studios de la chaîne à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 7 janvier 2019 afp.com/ERIC FEFERBERG

Le Premier ministre l'assure : le gouvernement tiendra compte de ce qui aura été dit lors du grand débat national. Pour preuve, l'exécutif a choisi de reporter l'examen de certains textes de loi afin qu'ils soient discutés après les consultations, a annoncé Edouard Philippe ce mercredi. Parmi ces textes, la loi d'orientation des mobilités, mais aussi, et surtout, la réforme des institutions.

Déjà repoussé l'été dernier par l'affaire Benalla, l'examen de cette réforme majeure pour le gouvernement devra donc attendre au moins le mois de mars. Le projet de loi devait revenir devant les députés le 14 janvier.

Respecter les thèmes du débat

Les autres textes, comme la réforme de la justice ou de l'assurance chômage, ne sont cependant pas remis en cause par le grand débat national, qui doit débuter le 15 janvier. Le Premier ministre a tenu à rappeler que "débattre, c'est débattre avec des règles", et que, parmi ces règles, figurait le respect des quatre thèmes du débat décidés par l'exécutif.

"La parole sera libre, et chacun pourra s'exprimer librement" sur la "transition écologique", "la fiscalité et les dépenses publiques", la "démocratie et la citoyenneté" et "l'organisation de l'État et des services publics", a souligné Édouard Philippe. L'IVG, la peine de mort et le mariage pour tous ne seront ainsi pas sur la table des débats.

Le départ de Jouanno, une "péripétie"

Le Premier ministre Edouard Philippe a également regretté la décision de Chantal Jouanno de se retirer du pilotage du débat après la polémique sur son salaire, déclarant cependant n'y voir qu'une "péripétie".

"Je la regrette d'abord parce qu'elle intervient tard dans le processus, et que c'est une complexité supplémentaire de ce débat", a-t-il affirmé. "Cela dit, je voudrais dire que ça n'est qu'une péripétie. Ce qui compte ça n'est pas les personnes, ce qui compte c'est ce débat", a-t-il poursuivi.

"Nous croyons à ce débat, nous pensons qu'il est indispensable. Nous pensons que dans la phase que connaît notre pays, nous devons être à la fois extrêmement ouverts à un débat productif et utile et évidemment très fermes sur le fonctionnement des institutions républicaines", a conclu Édouard Philippe, qui a assuré que le gouvernement était "prêt" pour lancer le débat la semaine prochaine.