L'Assemblée nationale des députés-bizuts illustrée par leurs bourdes

Les députés fraichement élus ne sont pas encore tous habitués aux us et coutumes du palais Bourbon. Depuis la rentrée parlementaire, les (petits) faux-pas s'accumulent. Tour d'horizon.
75% des députés sont entrés pour la première fois au palais Bourbon en juin dernier et ne connaissent pas encore tous les usages des lieux. afp.com/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Problème "technique" pour voter, interviews improvisées là où il ne faudrait pas, micro malencontreusement ouvert au plus mauvais moment... Les nouveaux députés prennent leur marque à l'Assemblée depuis une dizaine de jours. Avec des réussites, et des échecs.

L'Express passe en revue tous ces petits détails qui montrent que les élus ne sont pas encore habitués aux us et coutumes de leur nouvel environnement de travail.

Petit cours de vote à l'Assemblée

C'est l'exemple le plus criant, résultat du plus fort taux de renouvellement -75%- depuis le début de la 5e République. Lundi dernier, le président de l'Assemblée nationale s'est transformé brièvement en professeur des écoles pour réexpliquer aux néo-députés comment voter lors des scrutins publics: "regagner sa place à temps" puis "ouvrir [...] le petit clapet au-dessus des trois boutons pour/contre/abstention [sur le pupitre des députés]" puis "appuyer sur l'un de ces trois boutons, et uniquement sur l'un de ces trois boutons pendant le temps où le scrutin est ouvert", c'est-à-dire environ trois secondes.

Pourquoi un tel rappel? Quelques jours plus tôt, comme le souligne Le Lab, une trentaine de députés LREM avaient raté le vote sur la prorogation de l'état d'urgence... faute d'avoir regagné leur place dans les délais.

Et même après ces explications, François de Rugy a dû procéder à un nouveau vote sur un amendement quelques jours plus tard, fait rarissime. Plusieurs députés s'étaient alors plaints que "la machine ne marchait pas" et que leur vote n'avait pas été pris en compte.

Quand Marine Le Pen déboule au milieu des quatre col'

Électoralement parlant, Marine Le Pen n'est pas une bleue. Mais c'est la première fois qu'elle est élue au palais Bourbon et elle n'en maîtrise pas encore tous les codes... Elle n'a visiblement pas été briefée par sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, qui a renoncé à se présenter aux récentes législatives.

A la sortie d'une séance dans l'hémicycle, Marine Le Pen traverse la salle des pas perdus, là où se font traditionnellement les interviews télés. La salle est large et les caméramen peuvent être nombreux sans trop se marcher dessus. La présidente du FN répond à quelques questions avant de filer traversant au passage une autre salle bondée de journalistes: celle des quatre colonnes.

Plutôt que de rester derrière les petites barrières, Marine Le Pen, suivie par une nuée de caméras, préfère se poser au milieu de la salle pour discuter avec certains journalistes, créant une belle pagaille à proximité des journalistes tournés vers d'autres députés.

De Rugy se fait piéger par son micro ouvert

Claude Bartolone, l'ancien président de l'Assemblée nationale, aurait pu le prévenir: parfois, le micro du perchoir reste ouvert. Et les marmonnements destinés à soi-même se retrouvent crachouillés distinctement dans les hauts-parleurs de l'hémicycle.

C'est ce qui est arrivé à François de Rugy la semaine dernière. Juste avant la prise de parole d'un député communiste, le patron des députés lâche un sonore "putain il fait chier lui" qui fait rapidement le tour du web. Pour sa défense, il jure que son écart de langage ne concernait pas un député mais un texto qu'il avait reçu.

Le bizutage par les huissiers

Les anciens le savent: dans l'hémicycle, ni eau ni nourriture de l'extérieur ne sont acceptés. Une information qu'ignorait visiblement la députée de la France insoumise Clémentine Autain qui s'est fait reprendre par un huissier sitôt après avoir sorti une bouteille d'eau de son sac.