"Insupportable", "têtu": les oppositions étrillent Philippe

Dans la foulée de l'entretien télévisé du Premier ministre, dimanche soir, ses opposants ont fustigé un "boxeur fatigué".
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure. afp.com/STEPHANE DE SAKUTIN

Trop peu, trop tard. C'est l'argument brandi, à diverses sauces, par les oppositions pour qualifier l'interview accordée par Édouard Philippe dimanche soir au 20h de France 2. Visant à éteindre l'incendie provoqué par les gilets jaunes ce week-end sans céder sur l'essentiel, le Premier ministre a prévenu qu'il maintiendrait le cap des réformes. De quoi inspirer des commentaires plus ou moins amènes, à gauche comme à droite.

"Il aurait pu dire 'Je vous emmerde', ç'aurait été moins long et ç'aurait voulu dire le même chose", a déclaré par exemple sur Twitter Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes. Tonalité similaire chez Jean-Luc Mélenchon, d'après qui Édouard Philippe "a bien parlé... pour ne rien dire".

"Le boxeur est fatigué : l'esquive ne suffit pas après deux jours d'insurrection citoyenne", estime le leader de La France insoumise.

À gauche, le rejet est unanime. Pour le patron des socialistes, Olivier Faure, le Premier ministre a baissé les impôts et les taxes "pour les nantis". "Cette colère-là (...) il ne l'entend ni ne la comprend", poursuit-il.

"Après l'interview pour rien du Président, voici l'interview pour rien du Premier ministre. Rien ne change, rien n'est annoncé, tout est de la faute de ceux d'avant. Il 'entend' mais s'entête", a abondé sur Twitter le porte-parole du Parti socialiste Boris Vallaud.

Julien Bayou, porte-parole des écologistes d'EELV, s'interrogeait après les déclarations d'Édouard Philippe: "Et donc? Vous allez revenir sur les cadeaux fiscaux ISF Exit tax ou CICE pour financer la transition écologique et l'accompagnement des plus fragiles ? Impossible de réclamer des efforts aux uns quand on exonère les autres", a-t-il tranché dans un tweet.

Droite et gauche vent debout

Même son de cloche à droite. "Il a tort car cela exacerbe la colère", a réagi la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet sur France Info: "Son intervention [dimanche] était l'apogée du mensonge et du mépris", a-t-elle ajouté en critiquant sa "totale déconnexion" d'avec les Français.

Au Rassemblement national, l'eurodéputé et responsable du RN Nicolas Bay a critiqué sur Radio Classique un Premier ministre qui "dit 'j'entends la colère mais je ne bougerai pas d'un iota sur le cap'", et un "pouvoir" qui veut "décrédibiliser un mouvement qui leur échappe totalement".

Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a quant à lui qualifié d'"insupportable" l'intervention du Premier ministre, fustigeant un "gouvernement de technocrates déconnecté de la réalité et mépris(ant) la détresse des Français".