INFOGRAPHIES - Imbroglio Valls/En marche!: est-il assuré de remporter "sa" circonscription?

Manuel Valls avait surpris tout le monde en annonçant qu'il voulait se présenter sous l'étiquette "En Marche!" dans "sa" circonscription d'Evry début mai. Mais le parti du nouveau Président ne l'a pas accueilli à bras ouverts, et le PS l'a un temps menacé d'exclusion... Pourra-t-il l'emporter sur ses terres dans ces conditions?
AFP
L'ancien Premier ministre sentirait-il que son siège de député qu'il occupe depuis 2002 dans la 1e circonscription de l'Essonne pourrait lui échapper? Manuel Valls (PS) a pris tout le monde de court en annonçant mardi 9 mai sur RTL qu'il souhaitait se présenter sous la bannière de "La République En Marche", l'étiquette du mouvement d'Emmanuel Macron, pour les élections législatives des 11 et 18 mai 2017.


Si Valls reste à ce jour encarté au PS, le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, l'a toutefois prévenu dans la matinée qu'il lui était impossible de se présenter sous les deux étiquettes. Le responsable des investitures d'En marche!, Jean-Paul Delevoye, a quant à lui prévenu sur BFMTV qu'une candidate était déjà pressentie sur cette circonscription. Une double candidature de la "gauche progressiste" qui chamboulerait toutes les cartes du premier tour sur ces terres qui semblent de moins en moins acquises à l'ex-Premier ministre.

Finalement En Marche! a refusé son investiture mais ne présente pas de candidat face à lui. Le PS ne l'a pas exclu mais le ménage également ne présentant pas de candidat face à lui. Le champ est donc libre pour l'ancien Premier ministre. Mais est-il certain de s'imposer ?

Jusqu'en 2012, on peut facilement voir que Manuel Valls écrasait toute concurrence dans cette circonscription dans laquelle figure la ville d'Evry dont il a été maire de 2001 à 2012.

L'évolution du vote dans la circonscription de Manuel Valls
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Des municipales plus difficiles en 2014

En revanche, Manuel Valls et ses proches ont eu beaucoup plus de mal à conserver la mairie d'Evry, principale ville de cette circonscription, lors des Municipales 2014. Alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls laisse son adjoint Francis Chouat mener une rude bataille qui se termine en triangulaire au second tour.

La liste d'union de la gauche, sur laquelle figurait celui qui allait être nommé Premier ministre quelques semaines plus tard, l'emporte finalement avec 50,6% des suffrages (5.163 voix) face à l'union de la droite (30,7%, 3.131 voix) et le Front de gauche (18,8%, 1.918 voix).

Primaire à gauche: Valls d'une courte tête face à Hamon

Les choses ne sont pas allées en s'arrangeant après cet épisode des municipales. Manuel Valls a visiblement souffert au niveau local de l'impopularité de l'exécutif mené par lui et François Hollande. A tel point qu'il s'est fait un peu malmener par Benoît Hamon sur ses terres lors de la primaire de la gauche en janvier 2017. Il ne remporte la circonscription qu'avec 58,5% des voix face à l'ex-frondeur qui l'a finalement emporté au niveau national.

Mélenchon en tête au premier tour de la présidentielle 2017

Cette circonscription qui est donc tenue de longue date par le Parti socialiste a même offert une petite surprise au soir du premier tour de l'élection présidentielle 2017.

C'est le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête des suffrages avec 29,69% des voix. Manuel Valls avait rompu son pacte de la primaire de la gauche en appelant à voter Emmanuel Macron qui a terminé en deuxième position avec 25,24% des voix. 7,26% des électeurs ont préféré Benoît Hamon pendant que le FN de Marine Le Pen et LR de François Fillon ont réalisé des scores corrects pour cette terre traditionnellement à gauche (respectivement 15,96% et 12,57%).

Le choix a été beaucoup plus net au second tour: Emmanuel Macron l'emportant avec 74,76% des suffrages exprimés sur Marine Le Pen. 

Présidentielle 2017 à Evry
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Manuel Valls souhaite donc surfer sur le bon résultat de son ancien camarade de gouvernement afin de pouvoir continuer à asseoir sa domination locale. Son affiche de campagne a beaucoup fait parler, singeant la même charte graphique que "La République en marche!" et affichant en gros caractères "candidat de la majorité présidentielle" même si son investiture a été refusée.

Le maintien d'une candidate En Marche sur ces terres vallsistes aurait pu compromettre fortement ses chances de victoires, et auraient promis quelques sueurs froides pour l'ancien Premier ministre le soir du dimanche 11 juin (1er tour).

Francis Lalanne, Dieudonné et l'homme qui a giflé Valls se présentent

Il sera finalement opposé à un candidat du MoDem (Alban Bakary, conseiller municipal d'opposition à Evry), une LR-UDI (Caroline Varin, conseillère départementale d'opposition), une FN (Danielle Oger), une candidate de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (Farida Amrani, suppléé par Ulysse Rabaté qui avait réuni 7,77% des voix en 2012 sous la bannière du Front de gauche), un du Parti pirate (Sylvain Lacassagne), un de l'UPR de François Asselineau (François Bouvard), un LO (Jean Camonin), un PCF (Michel Nouaille).

Deux autres candidatures ont fait beaucoup de bruit dans cette circonscription: celle du mouvement "éco-citoyen" 100% qui a investi Jacques Borie et... Francis Lalanne en guise de suppléant. Autre candidature surprise: celle de l'homme qui avait mis une véritable gifle à Manuel Valls lors d'un déplacement en Bretagne. Nolan Lapie, 18 ans, avait écopé de trois mois de prison et 105 heures de travaux d'intérêt général pour ce geste. Il s'est associé à l'humoriste controversé Dieudonné qui a un passif avec Manuel Valls qui avait fait interdire ses spectacles lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

EN VIDEO > Manuel Valls frappé au visage en Bretagne

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