Grand débat: des ministres invitent Jouanno à démissionner

Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa ne digèrent pas son retrait de l'organisation du grand débat national.
Le mandat de Chantal Jouanno en tant que présidente de la Commission nationale du débat public est irrévocable. afp.com/Stephane de Sakutin

Après le retrait, la démission ? L'ancienne ministre Chantal Jouanno, qui s'est retirée de l'organisation du grand débat national sans démissionner de la présidence de la Commission nationale du débat public (CNDP), semble y être invitée ce jeudi par le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux et la secrétaire d'État Marlène Schiappa.

"Je trouve assez incompréhensible qu'elle s'en soit elle-même exclue, c'est un rendez-vous manqué, et je trouve ça dommage", a déclaré Benjamin Griveaux ce jeudi matin sur RTL. "C'est à elle d'en tirer les enseignements ou à la commission de le faire", a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si elle n'était donc plus en mesure de présider la CNDP, le porte-parole a jugé "assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission confiée à la commission qu'on préside soi-même".

"Je me déporte, mais je conserve le salaire"

Chantal Jouanno a annoncé mardi soir son retrait du "grand débat national" destiné à tenter de sortir de la crise des gilets jaunes, après la polémique suscitée par son salaire mensuel brut de 14 666 euros. "Cela pose question de dire : 'Mon salaire pose problème donc je me déporte de ce débat, mais je conserve mon poste et le salaire en question'", a commenté ce jeudi sur France inter la secrétaire d'État à l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, selon ses déclarations reprises par le Huffington Post. "Ou il y a un problème interpersonnel, et il faut qu'elle en tire les conséquences, ou il n'y a pas de problème et il faut qu'elle mène ce travail jusqu'au bout", a-t-elle ajouté.

La Commission nationale du débat public est une autorité administrative indépendante et le poste de sa présidence est irrévocable. Le Premier ministre, Édouard Philippe, l'a rappelé mercredi, tout en estimant qu'il appartenait à Chantal Jouanno de "se déterminer". "Elle le fera en conscience, elle aura l'occasion de le faire, ça me semble parfaitement naturel", avait-il dit. Il avait déclaré "regretter" ce retrait, tout en n'y voyant qu'une "péripétie". Toujours est-il que le grand débat voulu par Emmanuel Macron est, pour l'instant, sans tête. Selon RTL, l'idée d'un "collège de personnalités" est à l'étude.