Européennes : Ce qu'il faut retenir du premier débat des têtes de liste

Les douze têtes de listes pour le scrutin européenn du 26 mai ont échangé pendant plus de trois heures sur le plateau de L’Émission politique sur France 2.

 Européennes : Ce qu'il faut retenir du premier débat des têtes de liste
Les douze têtes de listes pour le scrutin européenn du 26 mai ont échangé pendant plus de trois heures sur le plateau de L’Émission politique sur France 2. RMC
À sept semaines du scrutin, ce jeudi 4 avril, un premier grand débat télévisé a été organisé par France 2 et France inter. Il a réuni les douze têtes de liste des principaux partis et mouvement politiques français pour les élections européennes. Pendant plus de trois heures, il y a eu de nombreux échanges, parfois virulents qui se sont terminés dans une certaine cacophonie. Néanmoins, ils ont pu mettre en évidence de vifs désaccords. La rédaction revient sur les temps forts de ce premier débat des européennes.

Le désaccord sur le Brexit

Les 12 candidats ont été interrogés sur le Brexit. "C’est une catastrophe !", a lancé l’ancienne ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau (LREM), en analysant les conséquences économiques. "L’économie ne s’est jamais si bien portée", a répliqué Jordan Bardella du RN. Quant à François Asselineau, de l’UPR, il en a profité pour lancer une pique sur le changement de stratégie de Marine Le Pen : "On se demande pourquoi le Rassemblement national ne demande pas de sortir de l’Union européenne si le Brexit est aussi positif".

Du côté de la gauche, échanges de politesses entre Manon Aubry (France Insoumise) et Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) : "Monsieur Jadot, l’Europe oui, mais pas à tout prix. Sur des bases de justice fiscale, écologique". Ce à quoi, il a répondu : "Vous verrez, si vous accédez au Parlement européen, qu’on peut faire plein de choses en Europe sans changer les traités".

Un point commun : l'écologie

Enfin dans les mots. "L’écologie, c’est une sorte de totem, tout le monde le saisit. Mais en réalité, très peu est fait", a dénoncé celle qui défend l'option d'une règle verte, Manon Aubry. Elle vise les 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050. "Quand on regarde les chiffres, les ménages les plus riches polluent 40 fois plus que les ménages les plus pauvres et ils sont moins taxés", a ajouté Ian Brossat (PC). Yannick Jadot a lui fait valoir son "new green deal", plan d’investissement de 100 milliards d’euros pour la transition écologique. Quant à Benoît Hamon, il a proposé la reconnaissance d’un "crime d’écocide".

Schengen, le point de discorde

Grand moment de cacophonie lorsqu'il a fallu évoquer les frontières européennes. "On a demandé qu’il y ait minimum 10.000 hommes en soutien des polices nationales. La Commission a appliqué ce que Macron avait demandé", a martelé Nathalie Loiseau, en évoquant Frontex, agence de l'UE chargée des frontières extérieures. Immédiatement, Florian Philippot (Les Patriotes) a répliqué : "C’est plutôt l’inverse : la Commission européenne décide, et vous vous rampez derrière".

 "Quand je vous entends dire que vous être fière d’avoir divisé par dix le nombre de migrants en France, j’ai honte. Parce que certains meurent à cause de votre politique. Je vous dirais de regarder vos pompes. Parce que ce n’est pas un sujet de fierté", a lancé le communiste Ian Brossat à l'ancienne ministre.

"Qu’est ce qu’on fait avec tous ces gens qui sont morts dans la Méditerranée ? Ni Mme Loiseau, ni M. Bellamy n’ont dit ce que tout humaniste devrait dire : On les sauve", s'est exclamé Raphaël Glucksmann (Place publique, soutenu par le PS). "J’ai honte de votre oubli Mme Loiseau. Le président Macron a été élu sur une promesse d’humanisme. Et aujourd’hui, on ferme nos ports à l’Aquarius, on traite les humanitaires comme des pirates" a-t-il lancé !

Des instants inattendus

Les douze têtes de listes étaient invitées à venir avec un objet symbolisant "leur Europe". Certains n'ont pas déçus. Le défenseur du Frexit François Asselineau (UPR) a débuté la séquence avec une paire de menottes aux couleurs de l’Union européenne, munies d’une clé tricolore. Florian Philippot (Les Patriotes), le second partisan de la sortie de la France de l’UE, est venu avec une baguette de pain, elle incarne le "pouvoir d’achat", malmené par la monnaie unique.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) s'est affiché avec une maquette d’avion Airbus. Quant à la tête de liste du Rassemblement national, Jordan Bardella, il est venu avec une passoire pour "une Europe incapable de protéger les peuples" ou encore un gilet de sauvetage s'est invité sur le plateau avec Benoît Hamon (Générations). Le fédéraliste Jean-Christophe Lagarde (UDI) et Raphaël Glucksmann, ont choisi de venir avec des fragments du mur de Berlin, pour mettre en garde contre la tentation de "reconstruire des murs".

À noter qu'une fois les projecteurs se sont éteints, sur le plateau, Raphaël Glucksmann a confié à son équipe, "je ne suis pas fait pour ça".

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