Ciotti assume pleinement ne plus financer la permanence LR d'Estrosi

Le député LR a justifié à nouveau son choix, ce mardi, de ne plus payer les factures de la permanence Les Républicains du maire de Nice preuve, s'il en fallait, de la rupture politique entre les deux hommes.
Le député LR Eric Ciotti, dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, à Paris, le 29 juin 2017. afp.com/GEOFFROY VAN DER HASSELT

La rupture consommée entre Eric Ciotti et Christian Estrosi vaut également pour les lignes téléphoniques. En effet, le premier, en tant que secrétaire départemental de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes a longuement justifié, une nouvelle fois, son choix de ne plus payer les factures de la permanence du second, ce qui a occasionné la fermeture de sa ligne.

"Dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas soutenir en permanence les candidats En Marche et puis bénéficier des moyens des Républicains, a déclaré Eric Ciotti ce lundi sur BFMTV.

Et de poursuivre, cinglant: "Christian Estrosi est président de la fédération et depuis un an. Il a refusé de réunir les instances de notre fédération pour qu'il y ait des débats. Il demandait le remboursement de 4000 euros de frais par mois de sa permanence, qui n'est pas le siège de la fédération. Nous avons estimé que ces dépenses n'étaient pas justifiées."

Un duel pour les municipales 2020?

Le torchon brûle depuis des années entre les deux anciens amis. Comme le racontait Le Monde samedi. Eric Ciotti avait été assistant parlementaire puis directeur de cabinet de Christian Estrosi à la mairie de Nice, avant de prendre ses distances avec son ancien mentor. Et depuis que Christian Estrosi flirte avec la Macronie, au moment où Eric Ciotti ralliait François Fillon avant de basculer chez Laurent Wauquiez, tous les coups semblent permis.

Interrogé sur la chaîne d'information sur ses ambitions municipales niçoises - les élections auront lieu en 2020 -, Eric Ciotti a refusé de répondre. Mais dans les coulisses, c'est bien cette guerre électorale qui se prépare et le président du département se verrait bien ravir la mairie de Nice à son désormais rival. Ce qui ne l'effraye pas outre-mesure.

"Lors des prochaines élections, [Eric Ciotti] sera peut-être sur une des six ou sept listes qui m'affronteront. Il fera alors partie de ceux qui se partagent les voix de l'opposition", a déclaré Christian Estrosi, plein de morgue, au Monde. Les prochaines années politiques de la droite promettent d'être rudes à Nice.