Bygmalion, Karachi, écoutes: Sarkozy et la menace judiciaire

Le nom de Nicolas Sarkozy, renvoyé en correctionnelle ce jeudi, apparaît dans plusieurs dossiers judiciaires.
Nicolas Sarkozy, le 24 août 2016 à Boulogne-Billancourt près de Paris. afp.com/BERTRAND GUAY

Nouvelle étape dans l'affaire Bygmalion. Ce jeudi, la cour d'appel de Paris a confirmé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy pour "financement illégal" de sa campagne électorale de 2012. Une décision que l'ancien chef de l'État a annoncé vouloir contester devant la Cour de cassation.

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Cette affaire n'est aujourd'hui pas la seule à menacer l'ancien chef de l'Etat. L'Express fait le point sur les fronts judiciaires qui pèsent sur lui.

Menaces directes

Nicolas Sarkozy est poursuivi pour le financement illégal de sa campagne électorale, en raison du dépassement du plafond autorisé des dépenses de sa campagne présidentielle de 2012. Il avait fait appel du premier renvoi, prononcé en 2017, comme la plupart des treize autres protagonistes poursuivis devant le tribunal correctionnel pour un vaste système de fausses factures destiné à cacher le dépassement du plafond des dépenses. Nicolas Sarkozy, qui n'a pas été mis en cause pour les fausses factures, s'est pourvu en cassation, ce qui pourrait retarder la tenue d'un procès.

Il est soupçonné d'avoir tenté, début 2014, via son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations secrètes dans une procédure sur la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt. Après la validation des écoutes téléphoniques par la Cour de cassation en mars 2016, le Parquet national financier a requis début octobre 2017 le renvoi devant le tribunal correctionnel des trois mis en examen dont Nicolas Sarkozy pour "corruption" et "trafic d'influence".

Le 8 octobre dernier, la cour d'appel a rejeté le recours de Nicolas Sarkozy contre le réquisitoire du parquet national financier qui réclame son procès pour des soupçons de "corruption" d'un magistrat et de "trafic d'influence".

Nicolas Sarkozy a été mis en examen le 21 janvier 2018 pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens". Au coeur du dossier: des accusations formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires libyens.

Dans ce dossier, l'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant a été mis en examen notamment pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, notamment en raison d'un virement suspect de 500 000 euros qu'il a justifié par la vente de deux tableaux.

En cours d'instruction

Le nom de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque, apparaît dans cette enquête sur des soupçons de rétrocommissions en faveur du camp Balladur en marge de ventes d'armes dans les années 90. Il a été entendu en juin 2017 comme simple témoin dans le volet ministériel de l'affaire instruit à la Cour de justice de la République (CJR). L'ex-Premier ministre Edouard Balladur est mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et son ministre de la Défense François Léotard pour "complicité d'abus de biens sociaux".

Immunité présidentielle et non-lieu

Les juges ont terminé en mai 2017 leur enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de la présidence sous le quinquennat Sarkozy (2007-2012). Personnage-clé du dossier, son ancien conseiller, Patrick Buisson, est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait au nom de sa société et qu'il revendait à l'Élysée. Il a été mis en examen, tout comme l'ex-directrice de cabinet Emmanuelle Mignon et l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. Nicolas Sarkozy étant couvert par l'immunité présidentielle, le juge l'avait convoqué comme témoin, mais il avait refusé de s'y rendre. Le PNF doit désormais prendre ses réquisitions dans ce dossier avant la décision finale des juges.

Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs autres dossiers: ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit; l'enquête sur ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement de son plafond de dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire Bettencourt. Il avait un temps été brièvement mis en examen pour "abus de faiblesse" de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.