Bercy réclame une amende de 117 millions d’euros à E. Leclerc

Le numéro un français de la grande distribution est dans le viseur du ministère de l’Économie et des finances. Après avoir déjà réprouvé le groupe en juin 2018, celui-ci demande aujourd'hui une somme record pour sanctionner des "pratiques commerciales abusives".

Bercy réclame une amende de 117 millions d’euros à E. Leclerc
Le numéro un de la grande distribution est dans le viseur du ministère de l’Économie et des finances. Après avoir déjà réprouvé le groupe en juin 2018, celui-ci demande aujourd’hui une somme record pour sanctionner des "pratiques commerciales abusives". BFMTV

Régulièrement accusé par ses fournisseurs, comme ses concurrents, de pratiquer des tarifs agressifs, E. Leclerc fait l’objet ce lundi 22 juillet 2019 d’une assignation en justice. Dans un communiqué de presse, le ministère de l’Économie vient en effet d’annoncer une "demande au tribunal de commerce de Paris de faire cesser (des) pratiques abusives (…) et de sanctionner (le groupe) d’une amende de 117,3 millions d’euros". En cause ? Une centrale d’achat en Belgique, Eurelec Trading, par laquelle la marque passe selon Bercy "pour contourner la loi française et imposer des baisses de tarifs très importantes, sans aucune contrepartie, à certains de ses fournisseurs".

La somme ainsi réclamée par Bruno Lemaire et sa secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher constitue un record. Et c’est la deuxième fois en un peu plus d’un an que le ministère de l'Économie et des finances cible E. Leclerc pour une telle "pratique commerciale abusive" : en juin 2018, c’était la principale centrale d’achat du groupe, Galec, qui était assignée devant le tribunal de commerce de Paris pour avoir imposé des prix moins chers. 108 millions d’euros étaient alors réclamés, notamment sous forme de remboursement auprès des fournisseurs lésés. 

Un rappel à la loi

Alors que la justice doit encore se prononcer sur cette affaire, l’ajout d’une amende de 117,3 millions d’euros, telle que réclamée aujourd'hui, porterait la note à pas moins de 225,3 millions d’euros."Derrière ces attaques permanentes dont sont témoins les consommateurs depuis deux ans, il s’agit clairement de mettre la pression sur E. Leclerc", a ainsi réagi le président du Galec, Olivier Huet, dans un communiqué transmis à l’AFP. 

Alors que le groupe se défend, toujours, par la mise en avant du pouvoir d’achat des consommateurs, le gouvernement rappelle dans son communiqué que la loi Egalim, promulguée en novembre dernier, consiste notamment à "garantir l’équilibre des relations commerciales". Et que, dans ce cadre, les ministres impliqués avaient "prévenu qu’ils seraient particulièrement vigilants face au recours croissant aux centrales d’achat internationales". De même que "toute pratique abusive ferait l’objet des actions appropriées". Ces 117,3 millions d’euros correspondent ainsi, selon Bercy, "au montant des sommes indûment perçues par l’enseigne auprès de ses fournisseurs".

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