Avoir du chien

Chaque jour un nouvel épisode, mi-réel, mi-rêvé, de la vie d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
Illustration : Carol Wojtyczka

Avertissement : le roman du président est une fiction. Mais toute ressemblance avec des personnages et des situations réelles n'est pas totalement fortuite...

15 mai, 4h05

Nemo escalade un amas de détritus, puis s'adresse à tous les chiens assemblés en contrebas : "Mes frères, le temps est venu de conquérir notre juste place. À l'assaut, et que Dieu reconnaisse les chiens !" La meute renverse la grille du Coq, traverse ventre à terre le jardin de l'Elysée et envahit le Palais. Quelques secondes plus tard, Nemo est dans le bureau du président, crocs à l'air: "Cède-moi ta place, où je te mords ! C'est à mon tour de diriger le pays." Soudain déboule Christophe Castaner, fusil de chasse à la main : "Taïaut !" Et il tire sur Nemo... "Biquet, reveille-toi, tu fais un cauchemar." Brigitte Macron secoue son mari. Ce n'était pas une si bonne idée de regarder, la veille au soir, L'Ile aux chiens, de Wes Anderson, dans la salle de projection privée de l'Elysée.

15 mai, 21h57

La célébration du premier anniversaire d'Édouard Philippe à Matignon touche à sa fin. Comme dans une rave party, députés et ministres ont été prévenus à la dernière minute du lieu de la fête. Le musée des arts forains aligne ses attractions désuètes. "Un manège, un gouvernement...", chuchote le Premier ministre à l'oreille de Richard Ferrand. "Bientôt un remaniement ?", enchaîne le président du groupe majoritaire, impatient de retrouver un portefeuille. Quatre mitrons costauds apportent le gâteau, immense pièce montée couronnée d'une bougie unique. On fait cercle autour de la pâtisserie quand, soudain, elle s'éventre : en surgit Emmanuel Macron, en justaucorps pailleté.

LIRE L'ÉPISODE PRÉCÉDENT>> Vers l'Orient compliqué