Philippe met en garde contre le "bololo"

Le terme utilisé par le Premier ministre à propos des gilets jaunes trouve son origine dans l'argot militaire. Explications.
Edouard Philippe a prévenu : pas question de mettre le "bololo" impunément le 17 novembre (capture d'écran). RTL.fr

Les gilets jaunes vont-ils mettre le "bololo" le 17 novembre ? Les révoltés du carburant le souhaitent sans aucun doute, mais ils ne l'auraient pas dit comme ça, sauf à avoir une expérience dans l'armée française.

Invité de RTL ce mercredi matin, le Premier ministre Édouard Philippe a utilisé cette expression, issue du langage militaire, pour répondre aux questions sur les blocages qui devraient rythmer la journée de samedi.

"Je suis respectueux de la liberté de manifester, mais la liberté de manifester en France passe par des déclarations, par la prise de responsabilité de chacun. Celui qui se dit, 'tiens, je vais bloquer ici, ça va être formidable, ça va mettre le bololo partout, il sait que ce faisant, il prend un risque s'il ne respecte pas la loi", a déclaré Édouard Philippe.

Quartier délabré

Selon un numéro de Terre Information Magazine déniché par le HuffPost, "bololo" est un "terme d'argot des OPEX [les militaires français en opérations extérieures] en Afrique". Le mot désigne "un capharnaüm, une situation confuse et désordonnée".

Si le propos d'Édouard Philippe pouvait laisser penser qu'il s'agissait d'un substitut au mot bordel, Bololo est en fait un quartier de la capitale du Tchad, N'Djamena, qui serait assez "délabré" pour devenir un nom commun associé au bazar, explique le mensuel de l'Armée de Terre.

Édouard Philippe a d'ailleurs confirmé aux journalistes de RTL qu'il avait bien utilisé du langage "mili" (pour militaire), dixit un tweet publié par la journaliste politique Pauline de Saint-Rémy.