Vers une nouvelle prolongation de la garde à vue de Ghosn?

Les juges de Tokyo soupçonnent l'ex-patron de Nissan d'avoir minoré ses revenus sur trois années supplémentaires.
Carlos Ghosn le 8 novembre 2018 à Maubeuge, en France. afp.com/Ludovic MARIN

La peine de Carlos Ghosn risque de s'alourdir. Le bureau des procureurs de Tokyo a décidé de requérir un nouveau mandat d'arrêt contre l'ancien patron de Nissan et Mitsubishi. Dans leur collimateur, de nouveaux soupçons de minoration de revenus sur trois années supplémentaires, ont affirmé ce mercredi les médias japonais.

Carlos Ghosn, dans la tourmente depuis son interpellation à Tokyo le 19 novembre, est toujours en garde à depuis pour avoir, selon les enquêteurs japonais, dissimulé aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années.

31 millions d'euros dissimulés

Les nouvelles accusations à son encontre, qui justifient selon la presse de relancer une procédure de garde à vue pouvant durer 22 jours à partir de lundi 10 décembre, concernent la dissimulation de revenus sur trois années de plus, pour un montant de 4 milliards de yens (31 millions d'euros).

Les investigations pourraient aussi ultérieurement être étendues à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien sauveur d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais du groupe. Face à certaines critiques sur la longueur et les conditions de détention venues de l'étranger, en particulier de France, le parquet s'est défendu.

Visites très limitées

"Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, son propre système judiciaire. Je ne critique pas les législations des autres pays juste parce qu'elles sont différentes, et je trouve malvenu de le faire", a déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, à l'occasion d'une conférence de presse jeudi. "Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n'est pas nécessaire", a-t-il martelé.

Loin de son style de vie naguère fastueux, Carlos Ghosn séjourne à présent dans une cellule d'un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.