Venezuela: Trump évoque une "possible option militaire" pour résoudre la crise

Après avoir provoqué la stupeur généralisée, le président américain est resté évasif sur les contours d'une éventuelle action militaire dans le pays dirigé par Nicolas Maduro.
Donald Trump (d) a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro (g), mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre "les armes à la main" à une agression américaine. afp.com/FEDERICO PARRA, JIM WATSON

La tension géopolitique en Amérique vient de monter d'un cran. Vendredi, Donald Trump a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro, mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre "les armes à la main" à une agression américaine.

"Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire", a lancé vendredi le président américain, lors d'un échange avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est en vacances.

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d'extrême tension avec la Corée du Nord, le président américain est resté évasif. "Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n'est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent", a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d'Etat Rex Tillerson et de l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley.

Un "acte de folie" selon le Venezuela

Interrogé sur cette annonce surprenante, le Pentagone s'est borné à indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu'il n'avait "à ce stade" reçu aucune consigne sur ce dossier. Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié la déclaration d'"acte de folie".

En cas d'agression, "nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé", a déclaré Vladimir Padrino. Washington et Caracas, qui n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s'étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l'industrie pétrolière. Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu'ils ont qualifié de "dictateur".

La réaction de Washington est survenue au lendemain de l'élection controversée de l'Assemblée constituante voulue par le président bolivarien, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts. Rejetée par l'opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l'a confirmé à l'unanimité dans ses fonctions de "président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela".

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d'Etat étranger en exercice. Nicolas Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar el-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

Maduro veut une "conversation" avec Trump

Une nouvelle série de sanctions américaines ont par ailleurs été adoptées cette semaine à l'encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d'une Assemblée constituante jugée "illégitime".

"Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l'opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu'à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique", a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Jeudi, Nicolas Maduro a dit souhaiter "une conversation" avec son homologue américain. "S'il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l'intéresse", a-t-il affirmé lors d'un discours devant l'Assemblée constituante. Le dirigeant vénézuélien souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu'elle se tienne à New York à l'occasion de l'assemblée générale des Nations unies, à la mi-septembre. De son côté, la Maison Blanche a confirmé que Nicolas Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec Donald Trump, mais a implicitement indiqué que sa demande n'avait pas été acceptée.