Une interdiction en Chine entraîne (enfin) la baisse du cours de l'ivoire

C'est enfin une bonne nouvelle pour la protection des mammifères africains: les initiatives de la Chine contre ce commerce criminel voient leurs premiers effets.
Des statuettes en ivoire, le 29 mai 2015 saisies en Chine et montrées aux médias avant leur destruction afp.com/FRED DUFOUR

Les éléphants d'Afrique peuvent respirer à nouveau... au moins un peu. Après avoir longtemps hésité, la Chine a franchi un pas de plus dans son projet d'interdire le commerce de l'ivoire sur son territoire et, depuis, le prix de celui-ci est en pleine chute, d'après une analyse de marché du journal britannique The Guardian.

-50% en 18 mois

Depuis fin 2016 en effet, le gouvernement chinois a annoncé son intention de bannir en un an cette substance très recherchée, et dont le braconnage est très meurtrier pour les éléphants dont il met les espèces en grand danger de disparition. Selon le Fonds international pour la protection des animaux, un éléphant est tué pour son ivoire toutes les 15 minutes dans le monde, soit entre 25 000 et 35 000 spécimens assassinés par an, souvent pour la revente à destination de l'Asie. Son interdiction a été renforcée en France en 2016, même si les bijoux en ivoire préhistorique, comme ceux de mammouth, restent autorisés.

Et devant le "risque" de ne pas pouvoir écouler les stocks prochainement, les revendeurs se dépêchent de vider leurs réserves, ce qui a pour effet de faire baisser les prix - et donc, d'être moins profitable. Des enquêteurs de la Wildlife Justice Commission (WJC), envoyés à Hanoï (Vietnam) dans ce milieu très secret ont constaté que le cours avait chuté de moitié entre 2015 et février 2017, pour un somme tout de même conséquente de 660 dollars (585 euros) au kilo.

Le marché noir résiste

Mais il est encore trop tôt pour se réjouir. D'abord parce que l'engagement chinois reste à être concrétisé, tandis que le commerce de contrebande se prépare à répondre à la demande toujours existence, l'ivoire étant très ancré dans les traditions esthétiques et médicinales en Chine. Et sans une initiative de toute l'Asie, ceux qui désirent se fournir pourront toujours se rendre à l'étranger.

Quoiqu'il en soit, pour la première fois, les nouvelles concernant ce commerce vont dans le bon sens. Comme le dit le fondateur de l'association Save the Elephants, Iain Douglas-Hamilton: "Il y a désormais un espoir pour la protection de l'espèce".