Travail forcé au Qatar: Vinci visé par une plainte

Selon Le Parisien, l'ONG Sherpa va déposer une plainte contre l'entreprise de BTP et sa filiale qatarie ce jeudi.
Le Qatari Thani al-Zarraa, chef du chantier du stade Al-Wakrah, supervise les travailleurs sur ce site retenu pour le Mondial-2022, le 6 février 2018 afp.com/KARIM JAAFAR

Au Qatar, des milliers d'ouvriers sont toujours à l'oeuvre pour transformer une zone aride en terrain d'accueil pour la Coupe du monde de football en 2022. Leurs conditions de travail, assurées par de grands groupes de BTP, suscitent depuis des années l'indignation des observateurs internationaux.

Selon les informations du Parisien, l'ONG Sherpa, association de défense des victimes de crise économique, dépose plainte ce jeudi contre Vinci et sa filiale qatarie QDVC, auprès du tribunal correctionnel de Paris. Par ailleurs, d'après Europe1, la plainte porte sur des faits, notamment, de "travail forcé", "réduction en servitude", "traite des êtres humains", "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" et "salaires inadaptés".

Une plainte avait déjà été déposée mais classée sans suite par la justice début 2018, en raison de l'absence de témoignages nominatifs. Cette fois-ci, six ex-employés de QDVC ont accepté de témoigner à visage découvert et ont raconté leurs conditions de travail depuis 6 ans.

Chaleur extrême

Celles-ci incluent des journées de 11 heures - soit trois heures de plus que ce qui leur avait été promis - ainsi que des passeports confisqués dès leur arrivée au Qatar, une pratique réfutée par Vinci. Il y a également les nombreux malaises sur le lieu de travail, dont l'écho a pu, à quelques reprises, traverser la frontière du royaume et défrayer la chronique. Des accidents dus, en grande partie, à la chaleur extrême sur les chantiers : "En temps normal, il faisait 45°C. Cela montait parfois jusqu'à 50°C", a témoigné un ouvrier népalais auprès de Sherpa.

Plus graves encore sont les conditions indignes dans lesquelles vivent ces travailleurs hors des chantiers. Leurs trajets quotidiens se font dans des bus saturés. Chez eux, ils sont une vingtaine par salle de bains, ce qui les oblige à faire la queue pour se laver. Au total, il y aurait un médecin pour 1200 ouvriers dans le camp.

De son côté, le groupe Vinci continuer de nier toutes ces accusations, y compris l'occurrence d'accidents graves liés à la chaleur. L'entreprise affirme qu'elle "a toujours oeuvré pour l'amélioration des conditions de travail au Qatar". Au Parisien, le groupe précise que pour 1500 ouvriers, quatre médecins et dix infirmiers sont disponibles 24 heures sur 24 et que sur la base-vie QDVC une douche et toilettes sont à disposition pour quatre ouvriers.