Tentative de coup d'État au Gabon: les putschistes arrêtés

Des militaires ont tenté de prendre le pouvoir avant d'être arrêtés et pour certains tués, a fait savoir la présidence.
Trois militaires de la garde républicaine ont pénétré dans les locaux de la radio d'État et appelé à un soulèvement lundi matin. Ils ont été arrêtés peu après (image d'illustration). REUTERS

La situation est désormais "sous contrôle", selon le gouvernement gabonais. Ce lundi, un groupe de militaires a appelé à un soulèvement au Gabon, dans une apparente tentative de coup d'État, visant la prochaine formation d'un conseil national de restauration de la démocratie en l'absence du président Ali Bongo Ondimba, absent du pays depuis plus de deux mois à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC).

"Le calme est revenu", a assuré le porte-parole du gouvernement. Il a expliqué que, sur un commando de cinq militaires qui avaient pris le contrôle de la radio-télévision nationale dans la nuit de dimanche à lundi et appelé à un soulèvement, "quatre ont été arrêtés, un est en fuite". Dans l'après-midi, la présidence a fait savoir que le chef du commando, qui s'est présenté comme étant le lieutenant Ondo Obiang Kelly, commandant-adjoint de la Garde républicaine (GR) chargée de la protection de la présidence gabonaise, a été arrêté et que deux autres membres ont été tués.

Coups de feu autour de la radio-télévision locale

Des coups de feu avaient été entendus autour de la Radio télévision gabonaise (RTG), où les mutins ont fait diffuser à l'aube une proclamation, sur le boulevard Triomphal, dans le centre de la capitale, Libreville. Des blindés des forces de sécurité gabonaises bloquaient à 7 heures l'accès à ce boulevard.

Le message appelant l'armée et la population à se soulever a été lu par un militaire qui s'est présenté comme le lieutenant Ondo Obiang Kelly, commandant-adjoint de la garde républicaine (GR). Il s'est dit président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon, jusque-là inconnu.

"Transition démocratique"

Trois militaires, coiffés des bérets verts de la GR et dont deux tenaient un fusil d'assaut, étaient visibles sur une vidéo de leur prise de parole circulant sur les réseaux sociaux et authentifiée.

Le mouvement demandait "à tous les jeunes des forces de défense et de sécurité et à toute la jeunesse gabonaise de se joindre à nous", a déclaré le militaire en annonçant la prochaine formation d'un "conseil national de restauration" afin de "garantir au peuple gabonais une transition démocratique".

"Nous ne pouvons abandonner la patrie", a-t-il déclaré en jugeant "illégitimes et illégales" les institutions mises en place pendant l'absence du président Bongo.

Victime d'un AVC le 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l'État, âgé de 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, a été transféré ensuite à Rabat, au Maroc, où il poursuit depuis sa convalescence sans qu'aucune date n'ait été fixée pour son retour au Gabon.