Syrie: le Pentagone accuse le régime d'avoir conservé des armes chimiques

En déplacement en Israël, le secrétaire d'Etat à la Défense Jim Mattis a affirmé qu'il n'y avait "aucun doute" que la Syrie violait l'accord de démantèlement de 2013.
Assad a toujours nié l'utilisation d'armes chimiques. Ici dans un hôpital à Idlib, le 6 avril 2017. afp.com/Omar haj kadour

L'escalade verbale continue entre la Syrie et les Etats-Unis, depuis l'attaque chimique qui a fait 87 mort le 4 avril, et les frappes aériennes de représailles décidées par l'administration Trump. En visite en Israël, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, a affirmé vendredi qu'il n'y avait pas de doutes que le régime syrien de Bachar al-Assad ait conservé des armes chimiques, et ce, alors que le régime nie toujours toute responsabilité dans l'attaque.

S'exprimant devant la presse en présence du ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, Mattis a mis en garde le régime syrien contre un recours aux armes chimiques. "Il ne peut y avoir aucun doute pour la communauté internationale que la Syrie a conservé des armes chimiques, en violation à son accord et à ses affirmations sur leur destruction", a-t-il affirmé, avant d'ajouter: "c'est une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, et elle devra être traitée au niveau diplomatique".

"Plusieurs tonnes d'armes chimiques"

Selon un responsable militaire, une étude israélienne parle de "plusieurs tonnes" d'armes chimiques. Assad, a, lui, répété à plusieurs reprises que son régime ne possédait plus d'armes chimiques depuis leur destruction en 2013 après un accord américano-russe sur le démantèlement de l'arsenal chimique de la Syrie, encadré par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Mattis devait également rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Au menu des discussion: l'Iran, la Syrie et un resserrement des relations après les tensions avec l'administration Obama.

Israël s'inquiète de la présence en Syrie du Hezbollah

Au premier rang des préoccupations israéliennes figure l'influence de l'Iran dans la région, dénoncée également par les Etats-Unis. "Où que vous regardiez" au Moyen-Orient, "s'il y a des problèmes il y a l'Iran", a accusé mercredi Jim Mattis après des rendez-vous à Ryad avec le roi Salmane d'Arabie saoudite et le ministre de la Défense saoudien, le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane.

Israël s'alarme de la présence en Syrie du Hezbollah libanais soutenu par Téhéran et des forces iraniennes venues prêter main forte au régime de Bachar al-Assad. La présence du Hezbollah a amené l'Etat hébreu à procéder à des frappes aériennes contre des convois de livraisons d'armes destinés aux miliciens chiites, compliquant encore un peu plus la situation en Syrie.

L'Etat hébreu a été l'un des premiers pays à féliciter le président américain Donald Trump pour sa décision de mener récemment une frappe punitive contre une base aérienne syrienne, après une attaque chimique présumée du régime le 4 avril.