Sur le tour d'Espagne, les cyclistes n'auront plus droit au bisou des hôtesses sur la joue

Les traditionnelles Miss des podiums seront remplacées par un duo mixte, chargé d'animer la cérémonie protocolaire.
Sur la Vuelta, les coureurs n'auront plus droit au bisou des hôtesses sur la joue
Luk BENIES / AFP

C’est une petite révolution dans le monde du cyclisme. Alors que les vainqueurs d’étapes et porteurs de maillots distinctifs avaient pour habitude de recevoir leurs trophées de la part d’hôtesses, le Tour d’Espagne a décidé de briser les codes. Pour la première fois depuis sa création en 1935, ces dernières, également appelées miss, n’auront plus pour obligation de porter des jupes courtes et d’embrasser le lauréat du jour sur la joue.

Cette décision, c’est le directeur de la course Javier Guillén qui l’a prise. Interrogé par le quotidien espagnol El Mundo, il affirme "être sensible au débat social et médiatique que la présence des hôtesses sur les podiums a généré en Espagne depuis quelques mois. Nous ne pouvons pas tourner le dos à ces problèmes". Et le changement est important. En lieu et place des miss, un duo mixte composé d’une femme et d’un homme (Ocsar Pereiro, vainqueur du Tour de France 2016, par exemple) auront le privilège d’animer la cérémonie protocolaire. 

Des coureurs eux-aussi choqués par la présence des miss

Depuis quelques années, le monde du cyclisme s’interroge sur la traditionnelle présence de ces hôtesses. Quelques courses, dont le Tour Down Under australien avait déjà pris la décision de supprimer l’emploi de top-modèles, jugeant leur rôle dégradant, s’apparentant à une pratique machiste. D’autres compétitions espagnoles ainsi que certains grands-prix de FI et moto devraient d’ailleurs suivre cette initiative.

Certains coureurs militaient eux-aussi pour plus de mixité sur les podiums. Mikel Landa, lieutenant de Christopher Froome est l’un deux: "La présence des hôtesses est un problème, c’est comme si elles étaient traitées comme des objets. C’est une tradition très ancienne mais il faut passer à autre chose et admettre qu’embaucher ces femmes uniquement sur des critères physiques n’est pas la meilleure image que l’on peut leur donner". D’autant plus que, même s’ils restent rares, les dérapages sur les podiums peuvent se produire. En 2013, Peter Sagan avait volontairement pincé les fesses d’une miss avant de s’excuser.

Il faut dire qu’en Espagne, le débat portant sur la mixité et la justice sociale fait rage. Les violences faites aux femmes sont prises extrêmement sérieusement par le gouvernement actuel et de nombreuses campagnes sont mises en place. En 2004, une loi pionnière avait été votée de l’autre côté des Pyrénées afin d’accompagner du mieux possible les femmes victimes d’abus.  

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