Séisme en Iran: le bilan s'est alourdi à au moins 421 morts

Le puissant séisme qui a frappé l'Iran et l'Irak dimanche soir a été plus meurtrier que prévu. Ce mardi, l'Iran a décrété un jour de deuil national en hommage aux victimes.
Des Iraniens se réchauffent près d'un feu à Sar-e Pol-e Zahab, le 13 novembre 2017, après le séisme. afp.com/POURIA PAKIZEH

Le bilan, toujours provisoire, du puissant séisme qui a frappé l'Irak et l'Iran dimanche soir s'est encore alourdi. Ce mardi, les autorités iraniennes ont estimé à au moins 421 le nombre de personnes tuées dans la catastrophe. Elles ont par ailleurs annoncé que les opérations de recherche étaient pratiquement terminées.

D'une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter, le tremblement de terre a fait au moins 7370 blessés, tous recensés dans la province occidentale de Kermanshah, limitrophe de l'Irak. Fortement ressenti à Bagdad et dans de nombreuses provinces d'Irak, le bilan officiel du drame dans ce pays est de 8 morts et 336 blessés.

Plus de 150 répliques

A l'approche du crépuscule, lundi soir, tandis que les secours iraniens s'activaient pour trouver d'éventuels survivants, les autorités faisaient face au défi d'abriter et de nourrir des dizaines de milliers de personnes contraintes de coucher dehors, dans la fraîcheur, pour une deuxième nuit d'affilée.

"Les besoins immédiats des gens, c'est d'abord des tentes, de l'eau et de la nourriture, a déclaré le général Mohammad Ali Jafari, chef de l'armée d'élite de la République islamique, lors d'une visite dans les zones sinistrées. Les immeubles construits récemment (...) ont bien tenu, mais les anciennes maisons en terre ont été totalement détruites."

Des personnes non identifiées réagissent sur le site du séisme Sarpol-e Zahab (Iran) le 13 novembre 2017. REUTERS/Tasnim News Agency

Selon l'Institut de géophysique de l'Université de Téhéran, le séisme a été suivi par plus de 150 secousses, dont une vingtaine d'une magnitude supérieure à 4, avec un maximum de 4,7 sur l'échelle de Richter. Les tremblements de terre sont fréquents en Iran. Le séisme de décembre 2003 (31 000 morts), qui avait anéanti la ville historique de Bam, dans le sud du pays, et celui de juin 1990 -40 000 morts dans le nord du pays- restent profondément gravés dans la mémoire collective.

Villages rasés "à 100%"

L'épicentre du tremblement de terre de dimanche a été localisé tout près de la frontière irakienne, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sarpol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.

Une femme et un nourrisson ont été sortis vivants lundi matin des décombres dans cette ville de 85 000 habitants, où l'hôpital et la moitié des écoles du comté ont été endommagées, ont rapporté plusieurs médias iraniens. Dans le comté voisin de Dalahoo, nombre de villages ont été détruits à 100%, selon le préfet cité par l'agence de presse Tasnim.

Un jeune garçon soigné après le tremblement de terre à Sarpol-e Zahab, en Iran, le 13 novembre. REUTERS/Tasnim News Agency

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au gouvernement et aux forces armées de mobiliser "tous leurs moyens" pour aider la population. Des centaines d'ambulances et des dizaines d'hélicoptères de l'armée ont participé aux opérations de secours. Deux cents blessés ont été évacués vers Téhéran par avion pour y être hospitalisés, selon les médias iraniens. D'après le gouvernement, 22 000 tentes, 52 000 couvertures ainsi que près de 17 tonnes de riz et 100 000 conserves ont été envoyées sur place, et plus de 200 000 bouteilles d'eau ont été distribuées.

Deuil national décrété

En visite dans les zones sinistrées, le ministre de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli, a néanmoins été interpellé par une habitante affirmant que les riverains n'avaient "pas d'eau", selon une vidéo de l'agence de presse Fars. En fin d'après-midi, les autorités locales ont indiqué que toutes les routes fermées plus tôt à cause de glissements de terrain avaient été rouvertes dans la province de Kermanshah, mais l'électricité n'avait toujours pas été rétablie à Sarpol-e Zahab, selon la télévision d'Etat.

Un groupe tente de déblayer les ruines d'un immeuble après le tremblement de terre du 12 novembre à Darbandikhan, en Irak. REUTERS/Ako Rasheed

A Darbandikhan, localité la plus touchée du côté irakien, les autorités ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs, redoutant qu'un barrage n'ait été touché. "On n'avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins", a affirmé un responsable local.

Alors que le gouvernement a décrété une journée de deuil national mardi, les écoles sont restées fermées lundi dans plusieurs provinces iraniennes frontalières de l'Irak. Dans celle de Kermanshah, elles devaient encore l'être mardi.