RDC : un premier cas d'Ebola découvert en zone urbaine

Le cas a été découvert à Mbandaka, une ville de 1,2 millions d'habitants. Jusque-là, tous autres cas avaient été signalés dans une zone rurale difficile d'accès.
A Genève, l'OMS a jugé "élevé" le risque de propagation de l'épidémie d'Ebola en RDC et annoncé qu'elle se préparait au "pire des scénarios" afp.com/JOHN WESSELS

"Un nouveau cas (...) a été confirmé à Wangata, l'une des trois zones sanitaires de Mbandaka, une ville de près de 1,2 million d'habitants de la province de l'Equateur dans le nord-ouest de la RDC", a indiqué dans un communiqué l'OMS qui fait part de son inquiétude. Vendredi dernier, le directeur du Programme de gestion des situations d'urgence de l'OMS, Peter Salama, avait averti que "si nous voyons une ville de cette taille (Mbandaka, ndlr) infectée par Ebola, nous allons avoir une épidémie urbaine majeure".

44 cas d'Ebola recensés

La découverte d'un premier cas confirmé d'Ebola en zone urbaine "est un développement préoccupant, mais nous avons maintenant de meilleurs outils que jamais pour combattre Ebola", a nuancé le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué. Une trentaine d'experts est actuellement déployée pour mener des activités de surveillance à Mbandaka, en collaboration avec le ministère de la Santé et d'autres partenaires tandis qu'un lot de 5 400 doses d'un vaccin expérimental contre Ebola en provenance de Genève a été réceptionné mercredi par les autorités.

Le 8 mai, les autorités de la RDC ont déclaré une épidémie d'Ebola dans le Nord-Ouest, près du Congo-Brazzaville. L'OMS a comptabilisé au total 44 cas (3 cas confirmés, 20 probables et 21 suspects) mais jusqu'à présent, tous les cas confirmés d'Ebola avaient été signalés dans une zone rurale très difficile d'accès, dans la région de Bikoro, située au nord-est de Kinshasa, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

L'épidémie d'Ebola la plus violente de l'histoire avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. L'OMS avait alors été vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction, beaucoup l'accusant d'avoir beaucoup trop tardé à décréter une "urgence de santé publique de portée internationale".