Pour Donald Trump, l'Iran ne respecte pas "l'esprit" de l'accord nucléaire

Détracteur régulier de l'accord entre Téhéran et les grandes puissances, le président américain a durci le ton, jeudi.
Le président américain Donald Trump, ici lors d'une conférence de presse le 11 janvier, avait promis de "déchirer" l'accord pendant sa campagne. afp.com/SPENCER PLATT

Donald Trump va-t-il revenir sur l'un des principaux succès diplomatiques de l'ère Obama? Le président américain a durci le ton, lors d'une conférence de presse, jeudi, contre l'Iran, estimant que le pays ne respectait pas "l'esprit", de l'accord international sur son programme nucléaire.

Pourfendeur régulier de l'accord, Trump a une nouvelle fois martelé sa conviction que cet accord "terrible", n'aurait jamais dû être signé. Il s'est néanmoins montré évasif sur le devenir du texte, alors qu'il avait promis durant sa campagne de le "déchirer", préférant annoncer, énigmatique, "nous analysons cela avec beaucoup, beaucoup d'attention et nous aurons des choses à dire à ce sujet dans un avenir pas si lointain".

Considéré comme l'un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur Barack Obama, l'accord de juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) vise à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée partielle des sanctions internationales.

"S'il y a des problèmes, il y a l'Iran"

La prise de position du président américain intervient alors que les critiques américaines envers le régime chiite se sont intensifiés depuis quelques jours. Si l'administration Trump a certifié en début de semaine que l'Iran respectait ses engagements, elle a, dans le même temps, lancé un examen de l'accord visant à déterminer si l'allègement des sanctions prévu dans l'accord de 2015 correspondait à l'intérêt national des Etats-Unis. Dans le même temps, plusieurs hauts responsables ont publiquement critiqué l'action de l'Iran au Moyen Orient.

Mercredi, à Ryad, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a notamment martelé sa volonté de contrer les efforts de l'Iran pour "déstabiliser" la région. "Où que vous regardiez" au Moyen-Orient, "s'il y a des problèmes il y a l'Iran", a-t-il lancé.

Trump a déjà effectué plusieurs revirements en politique internationale

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui a joué un rôle central dans la négociation de l'accord, a rejeté jeudi les critiques américaines. "Les accusations usées des Etats-Unis ne peuvent cacher le fait qu'ils ont admis que l'Iran se conformait" aux termes de l'accord, a-t-il écrit sur Twitter.

En attendant des annonces plus précises, difficile de déchiffrer les intentions de Donald Trump. Le président républicain a effectué ces dernières semaines une série de volte-face en matière de politique étrangère, optant en particulier pour un ton nettement plus conciliant vis-à-vis de la Chine, accusée de tous les maux durant la campagne, où en décidant de frappes en Syrie, alors qu'il avait fait campagne sur la fin de l'interventionnisme américain.