Philippines: le président Duterte va interdire de fumer dans l'espace public

Rodrigo Duterte s'est fait connaître par une sanglante campagne de répression contre les stupéfiants. Il s'en prend maintenant aux fumeurs de cigarettes.
Un homme fume une cigarette en regardant son smartphone, le 19 mai 2017 à Manille, aux Philippines. afp.com/TED ALJIBE

Les Philippins ont deux mois pour s'y préparer. Le président Rodrigo Duterte a signé un décret, jeudi, interdisant de fumer ou de vendre du tabac dans tous les lieux publics clos, ainsi que dans un périmètre de 100 mètres autour des écoles, parcs et autres lieux de rassemblement des enfants. Le décret entrera en vigueur dans 60 jours.

C'était l'une des promesses de campagne de Rodrigo Duterte, président des Philippines depuis juin 2016. Il en coûtera 5000 pesos (l'équivalent de 90 euros) aux contrevenants. Le tabagisme touche un tiers de la population adulte, selon un rapport de l'Asean.

Moralisation de la société

Le dirigeant populiste, connu pour sa sanglante campagne de répression contre les stupéfiants, a aussi été élu sur un programme de moralisation de la société. Duterte s'est également engagé à interdire les karaokés la nuit et ainsi que la consommation d'alcool dans un lieu public après 2 heures du matin.

Lui-même ancien fumeur, le président philippin prétend avoir transformé la ville de Davao (5,5 millions d'habitants), où il a officié pendant 30 ans comme adjoint au maire puis comme maire et appliqué la même interdiction de fumer, selon le Bangkok Post. Auparavant minée par la criminalité, Davao serait devenue l'une des agglomérations les plus sûres du pays. Mais ses détracteurs dénoncent la méthode employée pour rétablir l'ordre.

Répression brutale contre le trafic de drogue

Au plan national, l'avocat de 72 ans a remporté la présidentielle, en promettant une vague de répression sans précédent contre le trafic de drogue.

La police a annoncé avoir abattu environ 2700 personnes depuis juin 2016. Plus de 1800 autres ont été tuées dans des incidents liés au trafic de drogue par des meurtriers non identifiés. Environ 5700 autres décès violents font l'objet d'une enquête, selon les chiffres de la police philippine.